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IMMUNOSTIMULANTS: Des chercheurs italiens trouvent un immunostimulant utile contre les verrues génitales

TreatmentUpdate 140 - 2004 janvier ; Volume 16 Issue 1

Hosein SR click here for english language version of article

Situation et résumé

Les verrues qui apparaissent sur les organes génitaux et l'anus sont causées par un virus appelé VPH (virus du papillome humain ou papillomavirus) qui se transmet par voie sexuelle. Il existe plusieurs variétés ou souches de VPH. Certaines d'entre elles peuvent provoquer des tumeurs anormales, voire des cancers, à l'intérieur du corps (sur le col utérin chez la femme et dans l'anus chez les deux sexes). À l'extérieur du corps, les verrues génitales et anales sont habituellement inoffensives mais peuvent être très laides.

Il arrive que les verrues génitales disparaissent en l'absence de traitement. Dans d'autres cas, elles peuvent prendre de l'ampleur et former de petites grappes. Diverses options thérapeutiques s'offrent aux patients, le choix desquelles se fait en fonction de plusieurs facteurs (le nombre de verrues, leurs dimensions et l'endroit où elles se trouvent). Voici quelques possibilités :

Ces traitements peuvent éliminer les verrues mais sont inutiles contre les problèmes sous-jacents, à savoir l'affaiblissement immunitaire et l'infection au VPH. Ainsi, la verrue risque de réapparaître puisque le VPH ne cesse de rôder dans la peau saine avoisinante. De plus, malgré les effets de la multithérapie, soit la réduction de la capacité de réplication du VIH, l'augmentation du nombre de CD4+ et le renforcement du système immunitaire qui en découle, les personnes sous multithérapie demeurent vulnérables aux verrues génitales causées par le VPH.

Une autre possibilité thérapeutique réside dans le recours à l'immunostimulant imiquimod (Aldara). Ce médicament est offert sous forme de crème et est appliqué sur la peau plusieurs fois par semaine. L'imiquimod semble agir en stimulant les cellules immunitaires de la peau, y compris les macrophages, de sorte qu'elles produisent des messagers chimiques tels que l'interféron-alpha et l'interféron-gamma. Les cellules ainsi stimulées peuvent ensuite contribuer à détruire les verrues.

Des chercheurs à Milan, en Italie, ont récemment mené une étude pour comparer l'efficacité de l'imiquimod chez deux groupes de personnes - les unes séropositives, les autres séronégatives - atteintes de verrues génitales. Selon l'équipe de recherche, l'utilisation de l'imiquimod a permis à environ 55 % des sujets séropositifs de connaître « au moins une résorption partielle des verrues ». Chez les personnes séronégatives, le taux de succès a atteint 86 %.

Détails de l'étude

Entre les mois de mars et d'octobre 2001, les chercheurs ont recruté 125 adultes aux fins de leur étude :

Les deux groupes avaient à peu près le même âge et présentaient des verrues génitales d'une gravité comparable.

Chez les sujets séropositifs, la moyenne d'âge était de 28 ans et le compte de CD4+ moyen était de 327 cellules (aucun n'avait moins de 200 cellules CD4+). Tous les sujets suivaient une multithérapie antirétrovirale et leurs charges virales se situaient aux niveaux suivants :

Aucun sujet n'avait une charge virale supérieure à 100 000 copies.

Le nombre de verrues variait comme suit :

Avant de se coucher, les sujets appliquaient de la crème d'imiquimod à 5 % sur toutes les verrues visibles et la laissaient en place pendant huit heures. Le lendemain matin ils enlevaient la crème en se lavant avec de l'eau savonneuse. Les sujets utilisaient de l'imiquimod trois fois par semaine jusqu'à ce que les verrues se soient résorbées ou pendant un maximum de quatre mois. En cas de rougeur ou d'enflure, on limitait le nombre de traitements à deux par semaine.

Les médecins ont examiné les sujets une fois par mois pendant l'étude.

Résultats

Chez les sujets séropositifs, on a constaté les résultats suivants :

Chez les sujets séronégatifs, on a constaté des résultats quelque peu différents :

Résultats - Effets secondaires

De façon générale, les chercheurs ont signalé que le médicament était bien toléré, et personne n'a cessé de l'utiliser pendant l'étude. Toutefois, 77 % des sujets ont présenté une légère enflure de la peau aux endroits où ils avaient appliqué de l'imiquimod. Au total, 24 % des sujets ont dû limiter temporairement (pendant deux ou trois semaines) le nombre d'applications à deux par semaine.

Répondeurs et non-répondeurs

Les chercheurs s'expliquent difficilement pourquoi certains sujets n'ont pas répondu à l'imiquimod. Lors d'une étude antérieure menée chez des malades non-répondeurs à l'imiquimod, les médecins avaient constaté un taux de cellules immunitaires inférieur à la normale dans la peau à proximité des verrues. De plus, il paraît que les quelques cellules décelées ne fonctionnaient pas normalement. Les chercheurs responsables de la présente étude estiment que ces facteurs pourraient avoir influé sur la réponse à l'imiquimod.

Dans l'ensemble, l'équipe a constaté « au moins une résorption partielle des verrues génitales » chez 55 % des sujets séropositifs, une réponse qu'elle a qualifiée de significative sur le plan clinique.

RÉFÉRENCES

1. Dahl MV. Imiquimod: a cytokine inducer. J Am Acad Dermatol. 2002 Oct;47(4 Suppl):S205-8.

2. Cusini M, Salmaso F, Zerboni R, et al. 5% imiquimod crem for external anogenital warts in HIV-infected patients under HAART therapy. Int J STD AIDS. 2004 Jan;15(1):17-20.

3. Arrese J, Paquet P, Claessens N, et al. Dermal dendritic cells in anogenital warty lesions unresponsive to an immune-response modifier. J Cutan Pathol. 2001 Mar;28(3):131-4.

20040110
CATF14004


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