
Au début des années 90, la thérapie anti-VIH consistait habituellement en un seul médicament que l'on prenait plusieurs fois par jour. Le médicament en question, soit l'AZT, le ddI ou le ddC, faisait partie de la famille des analogues nucléosidiques. (Rappelons que le ddC est rarement utilisé aujourd'hui en Amérique du Nord.) D'autres analogues nucléosidiques ont vu le jour vers le milieu des années 90, et les médecins ont commencé à prescrire des combinaisons de ces médicaments. Considérés comme peu puissantes aujourd'hui, les bithérapies nucléosidiques (deux analogues nucléosidiques en combinaison) parvenaient tout de même à accroître ou à maintenir le nombre de cellules CD4+ chez certaines personnes ayant le VIH (PVVIH), du moins pendant quelque temps. Jusqu'au milieu de la décennie, les effets secondaires couramment associés aux analogues nucléosidiques étaient les suivants :
En 1996, une nouvelle famille de médicaments appelés inhibiteurs de la protéase (IP) a vu le jour dans les pays riches. Lorsque utilisés en association avec des analogues nucléosidiques, les IP faisaient preuve d'une puissante activité anti-VIH et contribuaient à accroître spectaculairement le nombre de CD4+ chez des personnes atteintes du sida. Par conséquent, plusieurs PVVIH commençaient à se remettre de complications liées au sida qui avaient été difficiles à soigner. De plus, le nombre de décès a diminué. À mesure que la nouvelle des résultats dramatiques obtenus grâce aux IP se répandait, un nouvel optimisme émergeait. Les inconvénients associés aux combinaisons comportant des IP se limitaient généralement à la nausée et à la diarrhée ainsi qu'à quelques cas de calculs rénaux chez les utilisateurs de l'indinavir (Crixivan).
En 1997, on a commencé à faire état de l'apparition d'effets secondaires bizarres chez les PVVIH sous multithérapie. En premier lieu, on a observé des taux de glycémie (quantité de sucre dans le sang) supérieurs à la normale chez des personnes qui ne souffraient pas de diabète. Plus troublant encore fut un rapport en provenance d'Atlanta dans lequel on faisait était de distorsions bizarres de la forme corporelle chez un homme, notamment l'apparition de dépôts de graisses sur la nuque et les épaules. On n'a pas tardé à qualifier ce problème de « bosse de bison ». Au moment où la bosse est apparue, le patient en question utilisait de l'AZT, du 3TC et de l'indinavir depuis trois ans, huit mois et six mois respectivement. L'état du malade laissait les médecins perplexes parce que ce genre de problème n'avait pas été observé couramment chez les PVVIH. Le problème se produisait parfois chez des alcooliques de sexe masculin et des personnes atteintes d'un trouble hormonal appelé syndrome de Cushing. Cependant, les tests réalisés n'ont permis de constater aucun trouble hormonal évident et le patient en question ne buvait pas d'alcool. Les médecins ont soupçonné l'indinavir d'être la source de son problème.
La publication du cas ci-dessus fut suivie de l'apparition de plusieurs rapports semblables dans la « Crix list », un forum de discussion électronique destiné aux PVVIH. Étant donné que l'infection au VIH n'avait jamais été associée à l'apparition d'une bosse de bison auparavant ainsi que la relative nouveauté des inhibiteurs de la protéase (IP), les gens avaient tendance à attribuer ce « nouveau » problème à ces derniers. Toutefois, en 1998, des médecins à San Francisco ont publié un rapport sur huit patients (tous des hommes) qui avaient développé une bosse de bison sous l'effet d'une thérapie anti-VIH. Chose intéressante, quatre d'entre eux ne prenaient qu'un ou deux analogues nucléosidiques et aucun inhibiteur de la protéase. Voici les traitements utilisés par les huit patients en question :
Voici quelques renseignements clés au sujet des patients :
Les chercheurs n'arrivaient pas à expliquer l'origine des bosses de bison. Cette étude révèle cependant que les dépôts de graisses peuvent se produire chez les PVVIH qui utilisent des analogues nucléosidiques sans IP. Vers la fin des années 90, d'autres sortes de distorsions corporelles ont commencé à se produire. Nous en parlons en détails dans le prochain article.
RÉFÉRENCES
1. Lo JC, Mulligan K, Tai VW, et al. "Buffalo hump" in men with HIV-1 infection. Lancet 1998;Mar 21;351(9106):867-70.
2. Hengel RL, Watts NB and Lennox JL. Benign symmetric lipomatosis associated with preotease inhibitors. Lancet 1997 Nov 29;350(9091):1596.
20021110
CATF13102
Copyright © 2002 - TreatmentUpdate. Reproduced with permission. Reproduction of this article (other than one copy for personal reference) must be cleared through the Editor, The Canadian AIDS Treatment Information Exchange, 555 Richmond St. West, Suite 505, Box 1104, Toronto, ON, M5V 3B1 • Phone: 416-203-7122 • Toll Free: 1-800-263-1638 • Fax: 416-203-8284 http://www.catie.ca.
AEGiS is made possible through unrestricted grants from Boehringer Ingelheim, Elton John AIDS Foundation, iMetrikus, Inc., the National Library of Medicine, and donations from users like you. Always watch for outdated information. This article first appeared in 2002. This material is designed to support, not replace, the relationship that exists between you and your doctor.
AEGiS presents published material, reprinted with permission and neither endorses nor opposes any material. All information contained on this website, including information relating to health conditions, products, and treatments, is for informational purposes only. It is often presented in summary or aggregate form. It is not meant to be a substitute for the advice provided by your own physician or other medical professionals. Always discuss treatment options with a doctor who specializes in treating HIV.
Copyright ©1980, 2002. AEGiS. All materials appearing on AEGiS are protected by copyright as a collective work or compilation under U.S. copyright and other laws and are the property of AEGiS, or the party credited as the provider of the content.