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AGENTS ANTI-HIV - L'histoire d'un congé thérapeutique

TraitementSida 130 - 2002 septembre/octobre ; Volume 14 Issue 7

Hosein SR click here for english language version of article

Au cours des deux dernières années, les lignes directrices sur la multithérapie antirétrovirale sont devenues plus conservatrices. Entre autres, elles proposent actuellement que le traitement soit amorcé à un stade plus tardif de l'infection, c'est-à-dire lorsque le nombre de CD4+ est plus faible. Avant que les recommandations ne soient modifiées, plusieurs PVVIH commençaient le traitement lorsque leurs CD4+ se situaient à un niveau plus élevé que celui proposé actuellement (pour lire les lignes directrices les plus récentes, visitez http://hivatis.org/trtgdlns.html). Grâce à ce début de traitement précoce, plusieurs patients ont connu des augmentations spectaculaires de leurs cellules CD4+. Ainsi, nombre d'entre elles étaient bien positionnées pour entreprendre un congé thérapeutique étroitement supervisé. Nous rendons compte des résultats ci-dessous :

Détails de l'étude

Les médecins ont recueilli des données portant sur 72 sujets ayant le profil suivant :

Avant que le congé thérapeutique ne puisse débuter, il a fallu que le traitement supprime le VIH pendant six mois en moyenne. Tous les sujets ont arrêté de prendre leurs médicaments pendant au moins trois mois. La durée moyenne des congés a été de 11 mois.

Résultats – numération des cellules CD4+

Les sujets qui ont interrompu le traitement lorsqu'ils avaient plus de 350 CD4+ « avaient tendance à perdre plus rapidement des cellules que les sujets qui avaient moins de 350 cellules au moment de l'interruption du traitement ». Il semble que l'âge ait également influé sur le déclin des cellules CD4+ car les baisses les plus rapides furent observées chez les PVVIH les plus âgées.

Affections potentiellement mortelles

Quatre sujets dont le nombre de CD4+ est tombé à moins de 200 cellules lors du congé thérapeutique ont présenté les complications suivantes :

Selon l'article rédigé par les médecins, les congés thérapeutiques seraient sans danger pour les PVVIH dont la charge virale est supprimée, à condition que les CD4+ se maintiennent au-dessus de la barre des 200 cellules.

La thérapie intermittente

La thérapie intermittente fait partie des différentes stratégies évaluées dans le cadre des recherches sur les interruptions structurées du traitement. Dans le cas de la thérapie intermittente, la durée des congés et des périodes de traitement peut être fixe (p. ex., une semaine de traitement suivie d'une semaine sans traitement) ou variable. Les résultats de l'étude que nous venons de présenter risquent d'influer sur les recherches en matière de thérapie intermittente. Si, comme le laisse entendre l'étude ci-dessus, l'importance du déclin des CD4+ lors du congé thérapeutique dépend du nombre de CD4+ récupérées lors de la phase de traitement, il se peut que le meilleur moment pour entreprendre un congé thérapeutique survienne lorsque la numération des CD4+ est élevée. De cette manière, la chute des cellules CD4+ devrait être minimisée après l'interruption du traitement.

Les médecins admettent que leur rapport reflète vraisemblablement le « meilleur scénario possible ». Ils mentionnent que seuls des patients dont le traitement pouvait être interrompu pendant un minimum de trois mois ont été recrutés pour cette étude. Dans le cas d'une chute « importante » des CD4+, il aurait fallu que le traitement soit repris plus rapidement. Ces résultats pourraient donc ne pas s'appliquer à des PVVIH qui présentent un profil différent.

RÉFÉRENCE

Tebas P, Henry K, Monday K, et al. Effect of prolonged discontinuation of successful antiretroviral therapy on CD4+ T cell decline in human immunodeficiency virus-infected patients: implications for intermittent therapeutic strategies. Journal of Infectious Diseases 2002 Sep 15;186(6):851-4.

20020910
CATF13002


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