
Les traitements anti-VIH actuellement disponibles parviennent habituellement à supprimer l'activité du virus, notamment chez les personnes qui en sont à leur première combinaison antivirale. Toutefois, à un moment donné, de nombreuses PVVIH/sida seront victimes d'un échec thérapeutique. Le besoin de nouveaux médicaments est donc criant.
Parmi les nombreux médicaments actuellement à l'étude, on trouve le T-20 (enfuvirtide). Celui-ci appartient à une nouvelle catégorie de médicaments appelée inhibiteurs de fusion. Contrairement aux autres médicaments anti-VIH actuellement sur le marché, le T-20 agit en empêchant le VIH d'entrer dans les cellules. Des chercheurs oeuvrant sur plusieurs continents ont testé le T-20 chez des PVVIH/sida qui avaient déjà suivi une multithérapie, et leurs résultats sont très prometteurs jusqu'à date. Dans le présent article, nous mettons l'accent sur les résultats d'une étude appelée TORO 1, qui s'est déroulée au Canada, au Brésil, au Mexique et aux États-Unis. Les résultats d'une autre étude, soit TORO 2, furent très semblables.
Tous les 491 sujets avaient déjà été exposés à des agents des trois catégories de médicaments anti-VIH actuellement disponibles (analogues nucléosidiques, analogues non nucléosidiques, inhibiteurs de la protéase) ou présentaient des résistances virales prouvées à ces derniers. Ils ont tous reçu un traitement appelé OBT (optimized background therapy) — c'est-à-dire une combinaison de trois à cinq médicaments que leurs médecins avaient choisis comme étant leur meilleure option. Certains sujets (326) ont été choisis au hasard pour recevoir du T-20 à raison de 90 mg deux fois par jour, par injection sous-cutanée.
Voici le profil des sujets au début de l'étude :
Les données présentées à la conférence sur le sida furent recueillies au cours des six premiers mois de l'étude.
Des baisses statistiquement significatives de la charge se sont produites dans les proportions suivantes après six mois de traitement :
Moins de 400 copies –
Moins de 50 copies –
Le nombre de cellules CD4+ s'est accru comme suit dans les deux groupes :
Cette différence fut également significative du point de vue statistique, c'est-à-dire non attribuable au hasard seulement.
Deux types d'effets secondaires ont été signalés :
Comme l'état de santé général des sujets n'était pas bon, des effets secondaires ont été courants dans les deux groupes.
Chez les sujets du groupe T-20, les effets secondaires ont compris les suivants :
Chez les sujets du groupe OBT (pas de T-20), ces effets secondaires se sont produits dans les proportions suivantes :
Il n'est pas clair que cette différence soit attribuable au T-20.
On a constaté des rougeurs et de l'enflure aux sites d'injections chez 98 % des sujets du groupe T-20. De façon générale, ces réactions aux sites d'injection (RSI) étaient peu graves, la moitié des sujets n'ayant signalé aucun malaise ou douleur sévère qui limitait leurs activités. Chez moins de 10 % des patients sous T-20, la survenue de RSI a nécessité le recours à des analgésiques.
Puisque le T-20 doit s'injecter deux fois par jour, il ne convient pas à tout le monde. De plus, il faut signaler que le T-20 n'a pas procuré de bienfaits soutenus chez tous les sujets lourdement prétraités de cette étude. Le risque de résistance est également une préoccupation en ce qui concerne l'usage du T-20. Si le T-20 était utilisé en association avec des médicaments inutilisés auparavant (auxquels le virus ne résiste point), on devrait pouvoir s'attendre à une réponse antivirale plus importante que dans le cadre des études TORO 1 et TORO 2, mais des études de confirmation sont nécessaires à cet égard. Enfin, comme le T-20 est un composé difficile à fabriquer, on peut se douter qu'il coûtera cher. Si l'on en juge par ses antécédents en la matière, il est probable que l'agence de réglementation canadienne attendra que le T-20 soit approuvé depuis au moins un an aux États-Unis avant de lui donner le feu vert ici.
RÉFÉRENCES
1. Henry K, Lalezari J, O'Hearn M, et al. Enfuvirtide (T-20) in combination with an optimized background (OB) regimen vs. OB alone in patients with prior experience or resistance to each of the three classes of approved antiretrovirals in North America and Brazil (TORO 1). XIV International AIDS Conference, July 7-12, 2002, Barcelona. LbOr 19B.
2. Kilby JM, Lalezari JP, Eron JJ, et al. "The safety, plasma pharmacokinetics, and antiviral activity of subcutaneous enfuvirtide (T-20), a peptide inhibitor of gp41-mediated virus fusion, in HIV-infected adults.", AIDS Res Hum Retroviruses 2002 Jul 1;18(10):685-93.
20020810
CATF12905
Copyright © 2002 - TreatmentUpdate. Reproduced with permission. Reproduction of this article (other than one copy for personal reference) must be cleared through the Editor, The Canadian AIDS Treatment Information Exchange, 555 Richmond St. West, Suite 505, Box 1104, Toronto, ON, M5V 3B1 • Phone: 416-203-7122 • Toll Free: 1-800-263-1638 • Fax: 416-203-8284 http://www.catie.ca.
AEGiS is made possible through unrestricted grants from Boehringer Ingelheim, Elton John AIDS Foundation, iMetrikus, Inc., the National Library of Medicine, and donations from users like you. Always watch for outdated information. This article first appeared in 2002. This material is designed to support, not replace, the relationship that exists between you and your doctor.
AEGiS presents published material, reprinted with permission and neither endorses nor opposes any material. All information contained on this website, including information relating to health conditions, products, and treatments, is for informational purposes only. It is often presented in summary or aggregate form. It is not meant to be a substitute for the advice provided by your own physician or other medical professionals. Always discuss treatment options with a doctor who specializes in treating HIV.
Copyright ©1980, 2002. AEGiS. All materials appearing on AEGiS are protected by copyright as a collective work or compilation under U.S. copyright and other laws and are the property of AEGiS, or the party credited as the provider of the content.