
Des chercheurs oeuvrant dans plusieurs institutions à Boston ont revu les dossiers médicaux d'hommes séropositifs sur lesquels on avait recueilli des données entre janvier 1993 et novembre 1998. En décortiquant les dossiers, les chercheurs ont prêté une attention particulière aux cas de 254 hommes qui avaient utilisé des inhibiteurs de la protéase (IP) et dont le profil était le suivant au début de la période déjà mentionnée :
Les IP suivants s'utilisaient dans les proportions indiquées :
Il est important de noter que quelques sujets souffraient d'affections préexistantes qui leur faisaient courir un risque accru de dysfonction sexuelle, dont :
Résultats
Après avoir revu les données, les chercheurs ont trouvé que 32 % des sujets avaient reçu un diagnostic de dysfonction sexuelle. Leur analyse a donné lieu aux conclusions suivantes :
L'inconvénient majeur de cette étude réside dans le fait que les chercheurs ont reculé dans le temps pour évaluer des données qui avaient été réunies à une autre fin et qui se trouvaient dans des dossiers médicaux préexistants. Ce type d'étude rétrospective n'est pas aussi utile qu'une étude dont l'objectif consisterait, dès le départ, à surveiller la fréquence des dysfonctions sexuelles sur une période donnée.
À l'époque où les sujets de cette étude recevaient du ritonavir, soit la fin des années 90, la dose de ce dernier aurait été relativement élevé, à savoir jusqu'à 1200 mg par jour. De nos jours en Amérique du Nord, le ritonavir est habituellement prescrit en association avec un autre IP. Dans le cadre de ce genre de combinaison, la dose quotidienne du ritonavir se situe habituellement entre 200 mg et 400 mg. Il reste à savoir si un tel dosage donnera lieu au même degré de dysfonction sexuelle que celle observée dans le cadre de cette étude bostonienne.
Cette étude rétrospective a permis de constater un lien entre l'usage d'inhibiteurs de la protéase et la dysfonction sexuelle masculine. Il faut noter que les taux de testostérone n'ont été documentés que dans les dossiers médicaux de 8 sujets sur les 254 évalués. Étant donné que les déficits de testostérone ne sont pas rares chez les hommes séropositifs, l'absence de données à cet égard est une autre limitation de cette étude. Il n'empêche que cette étude fournit les orientations de recherches futures plus pointues sur les causes de la dysfonction sexuelle chez les hommes sous multithérapie antirétrovirale.
REFERENCE
1. Colson AE, Keller MJ, Sax PE, et al. Male sexual dysfunction associated with antiretroviral therapy. Journal of Acquired Immune Deficiency Syndromes 2002;30(1):27-32.
20020710
CATF12802
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