
Des médecins affiliés à l'hôpital St. Paul de Vancouver, en Colombie-Britannique, ont recruté trois groupes de sujets pour leur étude :
Les huit sujets prenaient tous une combinaison de médicaments anti-VIH comportant l'analogue nucléosidique d4T (Zerit, stavudine). Des techniciens ont analysé des échantillons de sang prélevés chez tous les sujets pour mesurer le niveau d'ADN dans les mitochondries (Mt) ainsi que dans les cellules. Le taux d'acide lactique (lactate) a également été mesuré.
Les chercheurs ont trouvé que les niveaux d'ADN Mt étaient les plus élevés chez les sujets séronégatifs. Ces derniers furent suivis des sujets séropositifs qui n'avaient jamais été exposés à des médicaments anti-VIH; chez ces derniers, les niveaux d'ADN Mt étaient à peu près moitié moins élevés que chez les sujets séronégatifs. Les niveaux les plus bas furent observés chez les sujets séropositifs qui présentaient des symptômes d'hyperlactatémie et qui suivaient une multithérapie antirétrovirale. En effet, chez ces derniers, les niveaux d'ADN Mt n'atteignaient que 22 % du taux normal. Ces différences sont significatives du point de vue statistique.
La bonne nouvelle est que les chercheurs disposaient de suffisamment de données sur sept des huit patients symptomatiques pour faire des observations pertinentes. Selon les chercheurs, lorsque les sept sujets ont interrompu leur thérapie en raison de graves effets secondaires, leur niveau d'ADN Mt a augmenté graduellement pour atteindre le même niveau que chez les sujets séropositifs qui n'avaient jamais utilisé de multithérapie. Ce point est important parce qu'il souligne le fait que les PVVIH/sida peuvent se remettre de l'endommagement des Mt. En moyenne, l'ADN Mt a mis entre un et quatre mois à retrouver un niveau suffisamment élevé pour que les PVVIH/sida puissent reprendre leur traitement anti-VIH.
Aucun lien n'a été trouvé entre la présence de symptômes d'hyperlactatémie et les facteurs suivants :
Dans le cadre d'une autre étude menée aux National Institutes of Health (États-Unis), des chercheurs ont réalisé des expériences sur des cellules exposées aux analogues nucléosidiques. Ils ont trouvé que tous les analogues nucléosidiques actuellement sur le marché perturbaient l'activité d'une importante enzyme cellulaire. Les chercheurs ont fait remarquer que la majorité des études mettaient l'accent sur l'aptitude des analogues nucléosidiques à perturber, jusqu'à un certain degré, l'activité d'une enzyme cellulaire. Cependant, d'autres recherches doivent être menées pour déterminer ce qui arrive lorsque les analogues nucléosidiques sont assimilés par l'ADN Mt. Une fois cette assimilation accomplie, la toxicité Mt risque de perdurer parce que les Mt sont incapables de se débarrasser rapidement de l'analogue nucléosidique, notamment si l'exposition à ce dernier se poursuit. À la lumière de ces résultats, il est peu étonnant que les sujets aient dû prendre des congés thérapeutiques supervisés afin de se remettre d'une hyperlactatémie.
RÉFÉRENCES
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20020326
CATF12602
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