
Depuis 1996, les multithérapies antirétrovirales fortement actives ont contribué à réduire le nombre de décès liés aux suites du sida en Amérique du Nord et en Europe occidentale. Lorsqu'ils ont constaté les bienfaits évidents des multithérapies antirétrovirales pour la première fois, de nombreux médecins se sont montrés agressifs en ce qui concerne la prescription des nouveaux médicaments et ce, même auprès de leurs patients qui avaient une numération de CD4+ relativement élevée. Cependant, le temps en a dit long sur les inconvénients de la multithérapie, dont :
En raison de ces limitations, de plus en plus de médecins et de patients choisissent de reporter le traitement anti-VIH, et les experts ont procédé à la révision des lignes directrices thérapeutiques. Pourtant, la question de savoir quel est le meilleur moment pour amorcer le traitement demeure sans réponse et continue de préoccuper médecins et patients. Récemment, les résultats de deux études d'envergure conçues pour faciliter la prise de décisions concernant l'amorce d'un traitement anti-VIH ont été publiés dans le Journal of the American Medical Association (JAMA). Les responsables des études en question ont évalué l'effet de l'amorce d'une multithérapie chez des personnes séropositives (PVVIH/sida) qui en étaient à des stades différents de l'infection au VIH et qui n'avaient jamais reçu de médicament anti-VIH auparavant. Dans la première étude, qui s'est déroulée en Europe auprès de 3 000 sujets, on visait à déterminer si les PVVIH/sida qui avaient une charge virale élevée étaient moins susceptibles de connaître une suppression de leur charge virale (moins de 500 copies) que les patients dont la charge virale était relativement faible au moment d'amorcer le traitement anti-VIH. Après avoir analysé leurs données, les chercheurs ont conclu que ni une charge virale élevée ni une faible numération de CD4+ n'écartaient la possibilité d'une suppression efficace de la charge virale sous l'effet d'une multithérapie.
La deuxième étude, celle-ci menée en Colombie-Britannique, est venue confirmer et étoffer les résultats ci-dessus mentionnés. Dans le cadre de cette étude canadienne, les chercheurs ont recueilli des données auprès de 1 200 sujets qui avaient amorcé une multithérapie antirétrovirale. À la fin de deux ans de suivi, les chercheurs ont affirmé que le risque de progression vers le sida et de décès était relativement faible chez les sujets qui avaient plus de 200 cellules CD4+ au moment de commencer le traitement, comparativement aux sujets dont les CD4+ étaient moins nombreuses au début du traitement. À la lumière des résultats de ces deux études, un éditorialiste du JAMA a soulevé les points fondamentaux suivants :
Bien entendu, les deux points ci-dessus constituent des généralisations. Il est à noter que chez certaines PVVIH/sida, le déclin des cellules CD4+ est rapide. Un contrôle régulier de la numération de CD4+ pourrait donc aider les médecins à proposer un traitement avant que celle-ci tombe sous la barre des 200 copies. Dans l'ensemble, les résultats de ces deux études servent de guide aux cliniciens en ce qui a trait à la prise de décisions concernant le traitement.
Dans le présent numéro de TraitementSida, nous faisons état des données provenant de ces études en mettant l'accent sur l'impact des traitements amorcés à des stades différents de la maladie. Nous nous intéressons en particulier aux données relatives à la survie.
RÉFÉRENCES
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3. Phillips AN, Staszewski S, Weber R, et al. HIV viral load response to antiretroviral therapy according to the baseline CD4 cell count and viral load. JAMA2001;286(20):2560-2567.
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