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AGENTS ANTI VIH: La réponse à la multithérapie dépend du nombre de CD4+

TreatmentUpdate 124 - 2002 janvier ; Volume 14 Issue 1

Hosein SR click here for english language version of article

Détails de l'étude

Des chercheurs d'Europe de l'Ouest ont analysé les données recueillies auprès de 3 226 sujets séropositifs, dont tous avaient commencé une multithérapie comportant au moins trois médicaments. Les sujets ont été suivis pendant jusqu'à trois ans à partir du moment ils avaient amorcé la thérapie. Les chercheurs s'intéressaient principalement à évaluer la faculté des traitements de supprimer la charge virale chez des sujets ayant des numérations de CD4+ différentes. Le profil moyen des sujets au début de l'étude était le suivant :

Au début de l'étude, les chercheurs ont réparti les sujets en trois groupes en fonction de leur numération de CD4+, comme suit :

Résultats en fonction des CD4+

Dès le 8e mois de l'étude, les sujets dans les trois groupes avaient bénéficié d'une suppression de la charge virale (moins de 500 copies) dans les proportions suivantes :

Ces différences entre les trois groupes ne sont pas significatives du point de vue statistique.

Résultats en fonction de la charge virale

Les chercheurs ont également réparti les sujets en fonction de la charge virale d'avant l'étude. Chez les sujets dont la charge virale était relativement élevée au début de l'étude – au moins 100 000 copies – le traitement a mis significativement plus de temps à supprimer la charge virale (moins de 500 copies) que chez les sujets dont la charge virale était inférieure à 100 000 copies au début de l'étude. Cependant, après quatre mois de multithérapie, les différences entre les groupes ont commencé à s'amenuiser, de sorte que le nombre de sujets ayant une charge virale de moins de 500 copies était comparable dès le 8e mois.

Autres facteurs

D'autres facteurs, tel le sexe des sujets ou le fait d'avoir reçu un diagnostic de sida avant le début de l'étude, n'ont pas eu d'impact significatif sur l'aptitude des sujets à connaître une suppression de la charge virale.

Survie

On a fait état du nombre suivant de décès au cours de l'étude selon chaque catégorie de CD4+ :

Après avoir ajusté leurs calculs en fonction du nombre de participants et de la durée de suivi, les chercheurs ont conclu que le risque de décès était trois fois plus élevé chez les sujets qui ont amorcé le traitement lorsque leurs CD4+ se situaient à moins de 200 cellules comparativement aux sujets dont le nombre de CD4+ se situait entre 200 et 349 au moment de commencer le traitement.

Sida ou décès

Les chercheurs ont également analysé les données en fonction du nombre de sujets ayant présenté une maladie liée au sida durant l'étude et du nombre de décès. Voici ce qu'ils ont trouvé :

Selon les calculs des chercheurs, les sujets qui ont commencé le traitement lorsque leurs CD4+ se situaient à moins de 200 cellules couraient un risque d'infection liée au sida ou de décès cinq fois plus élevé que les sujets dont le nombre de CD4+ était supérieur à 350 au moment d'amorcer le traitement. Cette différence entre les deux groupes est significative du point de vue statistique, c'est-à-dire non attribuable au hasard seulement.

Points clés

On constate l'émergence d'un consensus selon lequel les PVVIH/sida devraient amorcer un traitement anti-VIH avant que leurs CD4+ tombent en dessous de 200 cellules. Les responsables de la présente étude affirment cependant que la question de savoir « à quelle proximité de ce niveau on devrait permettre aux CD4+ de tomber » avant d'amorcer le traitement ne fait pas l'unanimité. De fait, le moment où on décide d'y procéder pourrait dépendre « de l'importance du déclin que [médecins et patients] sont prêts à tolérer ».

1. En termes de charge virale, les chercheurs n'ont pas constaté de réponse moins importante au traitement chez les sujets ayant entre 200 et 349 cellules CD4+ que chez les sujets ayant davantage de CD4+ et ce, que ce soit « à court ou à long terme ».

2. En termes de charge virale, les chercheurs n'ont pas constaté de réponse moins importante au traitement chez les sujets dont la charge virale d'avant l'étude allait de 10 000 à 100 000 copies comparativement aux sujets chez lesquels elle se situait à moins de 10 000 copies avant l'étude.

Chez les sujets dont la charge virale d'avant l'étude se situait à plus de 100 000 copies, le traitement a mis plus de temps à ramener la charge virale sous le seuil des 500 copies que chez les sujets dont la charge virale d'avant le traitement était inférieure à 10 000 copies. Quoi qu'il en soit, au 8e mois de l'étude, les proportions de sujets ayant une charge virale supprimée étaient comparables, peu importe si les mesures d'avant l'étude étaient élevées (100 000 copies) ou faibles (moins de 10 000). De plus, un nombre comparable de sujets ont éprouvé un échec virologique.

3. Il faut également prendre en considération plusieurs points qui n'ont pas été explorés dans le cadre de cette étude, dont :

Espérons que d'autres chercheurs aborderont ces questions et d'autres en ce qui concerne le moment d'amorcer une multithérapie.

RÉFÉRENCE

Phillips AN, Staszewski S, Weber R, et al. HIV viral load response to antiretroviral therapy according to the baseline CD4 cell count and viral load. JAMA 2001;286(20):2560-2567.

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