
Des chercheurs en Colombie-Britannique ont évalué les informations portant sur 1 200 PVVIH/sida qui se trouvaient dans leur base de données. Les données ont été recueillies entre 1996 et 1999. L'équipe de recherche voulait en savoir plus sur l'effet de la multithérapie sur la survie. En analysant leurs données, les chercheurs ont tenu compte des facteurs suivants qui auraient pu influer sur la survie :
Compte tenu de tous ces facteurs, les chercheurs ont conclu que la numération de CD4+ au moment d'amorcer le traitement était le seul facteur qui ait influé significativement sur la survie subséquente des patients.
Les chercheurs ont recruté 1 219 sujets qui n'avaient jamais utilisé de traitement anti-VIH et dont le profil au début de l'étude était le suivant :
En moyenne, le suivi des sujets a duré 2,3 ans environ. Les combinaisons de médicaments anti-VIH les plus couramment prescrites ont été les suivantes :
Cent quatre (104) sujets sont décédés au cours de l'étude. Soixante-dix-neuf pour cent (79 %) des décès ont été attribués au VIH.
Il est à noter que les critères d'accès à la multithérapie ont été assouplis un an après le début de la présente étude, c'est-à-dire en juillet 1997. En termes pratiques, cela veut dire que les sujets qui suivaient une multithérapie pendant la première année de l'étude avaient le profil suivant :
Mettant l'accent sur la survie, les chercheurs ont réparti les sujets en trois groupes en fonction de leur numération de CD4+ au début de l'étude :
(Remarque : La somme des pourcentages ci-dessus n'équivaut pas à 100 parce qu'il s'agit d'approximations.)
La proportion de sujets qui sont décédés durant la première année a été la suivante dans chacun des groupes :
Ces différences entre les taux de décès sont significatives du point de vue statistique.
Survie et charge virale
Les chercheurs ont également réparti les sujets en fonction de leur charge virale au début de l'étude :
Les taux de décès suivants ont été constatés pour chacun des deux groupes ci-dessus :
Cette différence entre les taux de décès est statistiquement significative.
Quel facteur a eu le plus grand impact sur la survie? Lors de l'analyse initiale des données, les chercheurs ont constaté un risque accru de décès chez les sujets qui présentaient une des caractéristiques suivantes avant d'amorcer le traitement :
Lorsqu'ils ont réévalué les données (analyse multivariable) en tenant compte de plusieurs autres facteurs – numération de CD4+, charge virale, usage d'IP – , les chercheurs ont trouvé qu'un seul facteur demeurait significatif sur le plan statistique, à savoir :
À partir de cette analyse multivariable, les chercheurs ont calculé le risque de décès comme suit :
Ces différences sont significatives du point de vue statistique.
À la conclusion de l'étude, les événements suivants s'étaient produits :
Les calculs des chercheurs en ce qui concerne le risque de progression vers le sida ou de décès à partir du commencement de la multithérapie ont donné les résultats suivants :
1. Dans cette étude, le plus grand nombre de décès s'est produit chez les patients ayant moins de 200 cellules CD4+. À premier abord, il semblait qu'un plus grand nombre de décès soit survenu chez les utilisateurs d'IP. Cela s'est produit parce que les premières PVVIH/sida à recevoir des IP étaient considérées par leurs médecins comme mal portantes et très susceptibles de développer le sida ou de mourir. Cependant, lorsque les chercheurs ont réévalué les risques sous l'angle de plusieurs autres facteurs, tels que la numération de CD4+, l'âge, le sexe, la charge virale et l'usage d'IP, seule la numération de CD4+ au début de l'étude a été signalée comme ayant une influence sur la survie subséquente des patients.
2. Bien que cette étude ne révèle pas le meilleur moment d'amorcer un traitement contre le VIH, elle fournit d'autres renseignements importants, notamment :
Les données d'une autre étude américaine d'envergure ont révélé ce qui suit :
Ce dernier point mérite d'être signalé car, dans l'étude menée en Colombie-Britannique, les sujets ayant un profil semblable ne présentaient d'infection liée au VIH ou ne mouraient que dans une proportion de 22 %.
1. L'équipe de recherche affirme que les médecins qui suivent des PVVIH/sida qui n'ont pas encore amorcé de multithérapie doivent se concentrer sur la numération de CD4+.
2. Si un traitement va être commencé, cela devrait se produire avant que les CD4+ tombent sous la barre des 200 cellules.
3. Bien que le meilleur moment dans l'évolution de l'infection au VIH pour amorcer le traitement reste à déterminer, cette étude fournit des données pertinentes en ce qui a trait aux risques associés au report du traitement, notamment lorsque les CD4+ sont peu nombreuses. Ces données devraient s'avérer utiles aux personnes qui conseillent les PVVIH/sida en matière de traitement.
RÉFÉRENCES
1. Hogg RS, Yip B, Chan KJ, et al. Rates of disease progression by baseline CD4 cell count and viral load after initiating triple-drug therapy. JAMA2001;286(20):2568-2577.
2. Mellors JW, Munoz A, Giorgi JV, et al. Plasma viral load and CD4 + lymphocytes as prognostic markers of HIV-1 infection. Annals of Internal Medicine1997;126:946-954.
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