
Le syndrome de lipodystrophie se caractérise par d'étranges changements dans la distribution du gras corporel. Par exemple, il n'est pas rare de constater des pertes de gras au visage, aux bras et aux jambes, alors qu'il se produit une augmentation du volume des seins et de l'abdomen. De plus, les niveaux de substances grasses dans le sang, telles que le cholestérol et les triglycérides, ont tendance à augmenter, notamment chez les PVVIH/sida sous multithérapie antirétrovirale. Il est de plus en plus clair que les inhibiteurs de la protéase (IP) et les analogues nucléosidiques contribuent tous deux à l'apparition du syndrome de lipodystrophie. Les nucléosides peuvent nuire à la faculté des cellules adipeuses de produire de l'énergie. Ils risquent également d'entraîner la disparition graduelle de ces mêmes cellules. Comme nous l'avons déjà mentionné, les IP peuvent nuire à la capacité des cellules adipeuses d'absorber et de brûler le glucose (sucre) en tant que source d'énergie. De plus, les IP peuvent inhiber la production de nouvelles cellules adipeuses et inciter, à long terme, les cellules adipeuses à s'autodétruire dans le cadre d'un processus appelé apoptose. L'ultime conséquence de ces effets consiste à provoquer la fonte du gras corporel, du moins dans certains endroits. Ainsi, il est possible que le fait d'associer des nucléosides et des IP dans un même traitement contribue davantage à la disparition du gras que l'utilisation de l'une ou l'autre de ces catégories de médicament seule.
Dans le cadre d'expériences de laboratoire portant sur des cellules adipeuses, des chercheurs français ont trouvé que les agents antidiabétiques de la catégorie dite « glitazones » avaient la faculté de renverser les effets nuisibles des IP sur les cellules adipeuses. Ainsi, les glitazones ont le potentiel de mettre fin ou de renverser l'évolution de certains des signes/symptômes de la lipodystrophie, du moins en ce qui a trait à la redistribution du gras corporel. Ce bienfait éventuel des glitazones doit être confirmé dans le cadre d'essais cliniques contrôlés.
RÉFÉRENCES
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20011210
CATF12306
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