
Tout comme le VIH, plusieurs virus – dont le VPH (virus du papillome humain) et le VHH-8 (virus de l'herpès humain de type 8) – sont transmissibles par voie sexuelle. Il n'est donc pas surprenant que certaines personnes vivant avec le VIH qui sont infectées par ces autres virus sont susceptibles de présenter des cancers causés par le VPH (cancer anal ou du col utérin) et le VHH-8 (sarcome de Kaposi).
La cause du lymphome non hodgkinien, un autre cancer lié au sida, est moins claire. Chez les personnes dont le système immunitaire a été affaibli par le VIH, le risque de lymphome est 100 fois plus élevé que chez les personnes séronégatives. Les raisons pour lesquelles certaines PVVIH/sida courent un risque accru de lymphome, mais pas d'autres cancers bizarres, restent à éclairer. Selon une hypothèse, des cellules immunitaires appelées cellules B feraient l'objet d'une stimulation excessive de la part du VIH et d'un virus commun appelé Epstein-Barr (virus EB). En raison de cette hyperstimulation, certaines cellules B dans les ganglions lymphatiques seraient susceptibles de se transformer en tumeurs.
Bien qu'il existe plusieurs types de lymphome, chez les personnes vivant avec le VIH, la maladie se manifeste habituellement sous une des deux formes suivantes :
Le lymphome ne provoque aucun signe ou symptôme spécifique, et les symptômes varient en fonction du nombre de tumeurs et de l'endroit où elles se trouvent. Certaines personnes présentent quelques symptômes, tels que la fatigue et une enflure des ganglions lymphatiques. Chez d'autres, il y a risque de maux de tête, de convulsions, de fièvres, de sueurs nocturnes et de perte de poids involontaire. Pour poser le diagnostic, on a recours à des examens tomodensitométriques et à résonance magnétique nucléaire (RMN), ainsi qu'à l'analyse des tumeurs et du liquide céphalorachidien.
À l'époque précédant l'arrivée des inhibiteurs de la protéase (IP), les chances de survie après un diagnostic de lymphome étaient faibles chez les PVVIH/sida. En moyenne, les patients vivaient encore six mois après la confirmation du diagnostic. Le recours à des multithérapies antirétrovirales comportant un IP ou un non-nucléoside semble avoir augmenté de beaucoup les possibilités de survie chez les PVVIH/sida atteintes de lymphome. Cela est attribuable au fait que la multithérapie fait augmenter le nombre de cellules CD4+, ce qui donne lieu à une diminution du risque d'infection liée au sida. Cet effet revêt une grande importance car, avant l'arrivée des multithérapies, les PVVIH/sida atteintes de lymphome succombaient souvent à des infections qui se produisaient en raison de l'effet nocif de la chimiothérapie sur la moelle osseuse et le système immunitaire.
Quoi qu'il en soit, malgré la réduction du risque d'infection opportuniste associée à l'usage d'une multithérapie antirétrovirale, la plupart des études n'ont permis de constater aucune diminution significative du risque de lymphome chez les patients sous thérapie anti-VIH. Une étude française dont les résultats ont récemment été publiés pourrait faire exception; nous en rendons compte dans le prochain article.
RÉFÉRENCES
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3. Blaschke S, Hannig H, Buske C, et al. Expression of Simian Epstein-Barr virus-encoded latent membrane protein-1 in malignant lymphomas of SIV-infected Rhesus macaques. Journal of Medical Virology 2001;65:114-120.
4. van Baarle D, Hovenkamp E, Callan MFC, et al. Dysfunctional Epstein-Barr virus (EBV)-specific CD8+ T lymphocytes and increased EBV load in HIV-1-infected individuals progressing to AIDS-related non-Hodgkin's lymphoma. Blood 2001;98(1):146-155.
20011010
CATF12206
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