
L'avènement de la multithérapie antirétrovirale a facilité le traitement du sarcome de Kaposi (SK), un cancer observé chez les personnes ayant le sida. En effet, chez certains patients sous multithérapie, les lésions du SK se résorbent sans nécessiter le recours à la chimiothérapie. Cependant, au fur et à mesure que le VIH devient résistant aux médicaments antirétroviraux, le système immunitaire se remet à s'affaiblir, de sorte que des problèmes de santé antérieurement maîtrisés se déclarent de nouveau. Des médecins à Vérone et à Rome ont récemment fait état du cas de deux hommes séropositifs qui avaient présenté de nouvelles lésions du SK malgré l'usage d'une multithérapie de longue durée.
Les deux hommes recevaient deux analogues nucléosidiques en association avec l'inhibiteur de la protéase saquinavir. (Nous ignorons lequel des deux types de saquinavir, soit l'ancienne formulation appelée Invirase ou la formulation plus récente et plus puissante appelée Fortovase, ils utilisaient.) Au moment où les lésions sont apparues, les deux hommes avaient une numération de CD4+ supérieure à 300 cellules et une charge virale de moins de 100 copies. Les médecins leur ont administré une chimiothérapie comportant la vincristine, la vinblastine et l'interféron alpha, mais elle n'a eu aucun effet sur les lésions.
Les médecins ont ensuite prescrit un traitement intraveineux au médicament antiviral cidofovir (Vistide) à raison de 5 mg/kg de poids corporel une fois par semaine pendant les deux premières semaines, puis une fois aux deux semaines par la suite. L'un des hommes a subi le traitement pendant 10 mois et l'autre, pendant 12 mois. Après trois mois de traitement au cidofovir, les lésions ont commencé à s'estomper et, finalement, se sont résorbées complètement. Après l'arrêt du traitement, les deux hommes sont demeurés exempts de lésions pendant six mois et 15 mois respectivement.
L'efficacité du cidofovir dans ces cas est attribuable à son activité antivirale, notamment contre le virus responsable du SK : le virus de l'herpès humain de type 8 (VVH-8). En temps normal, le système immunitaire maîtrise l'infection au VVH-8, mais au fur et à mesure que l'immunité s'affaiblit, le taux de virus augmente. Chez les deux patients italiens, l'activité du VVH-8 a été supprimée par le cidofovir pendant la majeure partie du traitement. Toutefois, ce médicament ne peut malheureusement pas guérir cette infection virale, donc les lésions ont fini par réapparaître. Si le traitement anti-VIH des patients était modifié, peut-être serait-il possible de supprimer de nouveau le VVH-8. Aucun effet secondaire n'a été attribué à l'usage de cidofovir.
Au Canada, les médecins peuvent se procurer du cidofovir en s'adressant au Programme d'accès spécial de Santé Canada. Aux États-Unis, le médicament est fourni par son fabricant, Gilead Sciences. Dans de nombreux autres pays, le cidofovir est distribué par la société pharmaceutique Pharmacia.
RÉFÉRENCES
1. Holkova B, Takeshita K, Cheng DM, et al. Effect of highly active antiretroviral therapy on survival in patients with AIDS-associated pulmonary Kaposi's sarcoma treated with chemotherapy. Journal of Clinical Oncology 2001;19(18):3848-3851.
2. Mazzi R, Parisi SG, Sarmati L, et al. Efficacy of cidofovir on human herpes virus 8 viraemia and Kaposi's sarcoma progression in two patients with AIDS. AIDS 2001;15(15):2061-2062.
20011010
CATF12202
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