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Dysfonction sexuelle et multithérapie

TreatmentUpdate 120 - 2001 août; Volume 13 Issue 4

Hosein SR click here for english language version of article
Situation et résumé

Comme nous l'avons mentionné dans notre article sur la névirapine, les multithérapies antirétrovirales fortement actives peuvent provoquer de nombreux effets secondaires. Un des effets secondaires possibles dont on n'entend pas beaucoup parler est la dysfonction sexuelle. On dispose de peu de données sur ce problème, notamment parce que les participants aux essais cliniques ne sont pas habituellement interrogés au sujet de la dysfonction sexuelle. De plus, ce sujet risque d'être gênant autant pour les chercheurs que pour les participants.

Dans le but d'en savoir plus sur la dysfonction sexuelle, des chercheurs dans l'Union européenne ont réalisé un sondage auprès de plus de 900 personnes vivant avec le VIH/sida (PVVIH/sida). Les résultats du sondage révèlent qu'une forte proportion de PVVIH/sida, notamment celles utilisant des inhibiteurs de la protéase (IP), disent souffrir de dysfonction sexuelle. Ces résultats sont intéressants, mais il reste des questions pertinentes à résoudre par rapport à cette étude avant qu'on puisse présumer que les IP provoquent la dysfonction sexuelle.

Détails de l'étude

Les chercheurs ont distribué des sondages en 1998 et 1999 à huit centres de traitement importants et à quatre organismes non gouvernementaux en Europe. Les données analysées portaient sur 904 sujets qui présentaient les caractéristiques suivantes :

La numération de CD4+ des sujets se situait aux niveaux suivants :

La charge virale des sujets se situait aux niveaux suivants :

Des symptômes du VIH/sida ont été observés dans les proportions suivantes :

Les sujets suivaient les régimes thérapeutiques suivants dans les proportions indiquées :

Résultats – dysfonction sexuelle

Selon les chercheurs, 37 % des sujets (29 % des femmes, 38 % des hommes) ont fait état d'une baisse de leur libido. Parmi les autres résultats, mentionnons ce qui suit :

Parmi les sujets sous IP, une baisse de la libido s'est produite plus souvent chez les sujets présentant des signes/symptômes de lipodystrophie (49 %) que chez les utilisateurs d'IP qui n'avaient pas de signe de lipodystrophie (25 %). De plus, les sujets qui étaient aux prises avec une autre complication, telle la neuropathie périphérique (dommages nerveux dans les mains et les pieds), étaient plus susceptibles de connaître une baisse de leur libido.

Les facteurs suivants ont été associés à une réduction de la puissance sexuelle :

De façon générale, plus l'âge des sujets était élevé, plus le risque de dysfonction sexuelle était grand, selon les chercheurs.

Points à prendre en considération

1. Avant d'accuser les IP d'être la cause d'encore un autre effet secondaire, il importe de se rappeler que la dysfonction sexuelle peut être causée par plusieurs facteurs, y compris la dépression. Les chercheurs n'ayant pas interrogé les sujets à cet égard, il est difficile d'interpréter les résultats de leur sondage. 2. Il est intéressant de constater que l'indinavir et le ritonavir ont été associés à une fréquence accrue de dysfonction sexuelle, alors qu'aucun lien de ce genre n'a été fait en ce qui concerne le nelfinavir. Cependant, on ne peut présumer que le nelfinavir ne pourrait pas provoquer de dysfonction sexuelle. Le problème dans cette étude est que la durée moyenne de traitement au nelfinavir était plus courte que dans le cas de l'indinavir ou du ritonavir. Les résultats auraient pu différer si les chercheurs avaient recruté des sujets qui utilisaient des IP différents depuis la même quantité de temps. 3. Les chercheurs devront concevoir et mener des études améliorées s'ils espèrent éclairer le lien qui existe entre la libido, chose complexe s'il en est, et l'usage de certains médicaments anti-VIH. Ils devront également exclure la possibilité que d'autres facteurs soient à l'origine de la dysfonction sexuelle, tels que des maladies du cœur, un taux anormalement bas de testostérone ou d'estrogène, la dépression, l'usage de substances intoxicantes ou d'autres médicaments tels les agents hypolipidémiants.
RÉFÉRENCES

1. Schrooten W, Colebunders R, Youle M, et al. Sexual dysfunction associated with protease-inhibitor-containing highly active antiretrovial treatment. AIDS 2001;15:1019-1023.

2. Goldstein I. The mutually reinforcing triad of depressive symptoms, cardiovascular disease, and erectile dysfunction. American Journal of Cardiology 2000;86(2A):41f-45f. [Medline]

3. Martin-Morales A, Sanchez-Cruz JJ, Saenez de Tejada I, et al. Prevalence and independent risk factors for erectile dysfunction in Spain: results of the epidemiologica de la disfuncion erectil masculina study. Journal of Urology 2001;166(2):569-574. [Medline]

20010810
CATF12004


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