
Les chercheurs ont présenté des données recueillies auprès de 765 femmes séropositives qui visitaient régulièrement leur clinique pour faire suivre leur état de santé. Le recrutement pour l'étude a débuté entre 1993 et 1995. Le suivi des patientes s'est poursuivie jusqu'en mars 2000. Ainsi, dans certains cas, les chercheurs disposaient de données recueillies sur une période de sept ans. Voici le profil des patientes au début de l'étude :
Les médicaments suivants ont été utilisés au cours de l'étude dans les proportions indiquées :
Les sujets ont avoué avoir participé aux activités suivantes au cours de l'étude :
La majorité des femmes (54 %) ont nié avoir utilisé les drogues ci-dessous mentionnés.
Au cours de l'étude, la dépression s'est produite sous les formes suivantes dans les proportions indiquées :
Quatorze pour cent (106) des femmes sont décédées des suites du VIH au cours de l'étude (les causes de décès n'ont pas été précisées par les chercheurs). Le nombre de décès se répartissait comme suit selon le type de dépression :
Ces différences entre les trois groupes étaient significatives du point de vue statistique, c'est-à-dire non attribuables au hasard seulement.
Les chercheurs ont également constaté que les femmes ayant plus de 35 ans étaient 1,5 fois plus susceptibles de mourir que les femmes plus jeunes. De plus, les femmes sans emploi étaient plus susceptibles de succomber à la maladie que les femmes qui travaillaient.
Les chercheurs ont comparé les catégories de dépression et les numérations de CD4+ pour en évaluer l'effet sur la survie.
Chez les femmes ayant moins de 200 CD4+, la proportion de décès s'est répartie comme suit selon les trois catégories de dépression :
Du point de vue statistique, ces différences ne sont pas significatives, mais il n'empêche qu'une tendance vers un risque accru de décès se produit au fur et à mesure que la dépression s'aggrave.
Chez les femmes ayant plus de 500 CD4+, aucune différence significative n'a été constatée en ce qui concerne le taux de décès.
Les chercheurs ont observé que les sujets souffrant de dépression chronique ou intermittente ont connu une baisse plus importante de leurs CD4+ au cours de l'étude, comparativement aux femmes qui présentaient peu de symptômes de dépression. Cette différence est statistiquement significative.
Les femmes qui présentaient le profil suivant ont perdu un nombre relativement élevé de cellules CD4+ au cours de l'étude :
En plus de contribuer à une baisse des cellules CD4+, la dépression a influé sur la quantité de virus – ou charge virale - dans le sang. Les femmes souffrant de dépression chronique étaient plus susceptibles d'avoir une charge virale élevée que les femmes ayant peu de symptômes du VIH/sida.
Établir une relation causale nette entre la dépression et la progression de l'infection au VIH est complexe parce que les symptômes des deux maladies ont tendance à se ressembler », affirment les chercheurs.
Quoi qu'il en soit, les chercheurs laissent entendre que la dépression « contribue [au risque de décès et n'est pas simplement un résultat] d'une santé en déclin ».
Il est possible que la dépression influe directement sur la santé en modifiant les niveaux de certaines hormones dans le cerveau. Ces hormones affaiblissent l'immunité en mettant en contact un cerveau déprimé et des cellules immunitaires.
La dépression peut provoquer des problèmes d'autres façons aussi, notamment :
Les résultats de cette étude devraient attirer l'attention des professionnels de la santé sur la gravité de la dépression chez les femmes séropositives afin qu'ils puissent mieux identifier, suivre et soigner les femmes aux prises avec cette maladie. Quant à la recherche, il reste du travail à faire pour mettre au point des antidépresseurs qui agissent plus rapidement et provoquent moins d'effets secondaires que les traitements actuellement disponibles. Enfin, les femmes ayant le VIH et leurs proches doivent être renseignés au sujet de la dépression et de ses symptômes.
RÉFÉRENCE
Ickovics JR, Hamburger ME, Vlahov D, et al. Mortality, CD4 count decline, and depressive symptoms among HIV-seropositive women: longitudinal analysis from the HIV epidemiology research study. Journal of the American Medical Association 2001;285(11):1466-1474.
20010810
CATF12001
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