
Les complications suivantes se sont produites chez des patients sous multithérapie antirétrovirale au cours des deux dernières années :
L'origine de ces problèmes n'est pas claire. Certains chercheurs soupçonnent les composantes de la multithérapie — inhibiteurs de la protéase, analogues nucléosidiques et(ou) analogues non nucléosidiques — et le VIH lui-même d'être la source de ces complications. Plusieurs équipes de recherche tentent d'éclairer les causes de ces problèmes osseux. Pour en savoir plus sur les causes possibles des problèmes osseux chez les utilisateurs de médicaments anti-VIH, voir TreatmentUpdate 118.
Des chercheurs en Australie ont étudié l'effet des inhibiteurs de la protéase (IP) sur l'épaisseur des os chez des PVVIH/sida. Ils ont trouvé que la moelle épinière des PVVIH/sida qui utilisaient de l'indinavir (Crixivan) s'était épaissie au fil du temps. Par contraste, la densité de la moelle épinière des patients sous nelfinavir (Viracept) est demeurée stable. À première vue, le fait que les os de certains patients se sont épaissis sous l'effet de l'indinavir pourrait sembler une bonne chose, mais les chercheurs nous préviennent que l'accroissement de l'épaisseur des os ne se traduit pas nécessairement en une force accrue. En effet, la façon dont les os se développent et la manière dont ils sont modelés par l'organisme — c'est-à-dire l'architecture des os — revêtent une grande importance en ce qui concerne le renforcement des os. Selon les chercheurs australiens, les points suivants devraient être pris en considération lors de toute lecture de leurs résultats :
Les chercheurs ont suivi 54 sujets qui recevaient une multithérapie comportant soit l'indinavir soit le nelfinavir depuis environ deux ans. Entre autres, le processus de suivi a comporté des examens radiologiques appelés DEXA (absorptiométrie à rayons X en double énergie). Ces derniers furent utilisés pour mesurer l'épaisseur des os et le taux d'adiposité (pourcentage de graisses corporelles) des sujets. Il importe de noter qu'aucun des 54 sujets n'avait de maladie ou d'habitude qui aurait pu réduire l'épaisseur des os, notamment :
De plus, aucun sujet ne prenait de supplément ou de médicament — comme ceux énumérés ci-dessous — qui aurait pu renforcer les os et entraîner une fausse interprétation de l'effet des IP.
En plus de ces 54 sujets, les chercheurs ont recueilli des données auprès des deux groupes de PVVIH/sida suivants :
Les chercheurs ont mesuré l'épaisseur de la moelle épinière des sujets ci-dessus afin de les comparer avec les mesures obtenues chez le groupe de 54 dont nous avons déjà parlé.
Chez les 54 sujets traités à l'indinavir ou au nelfinavir, les chercheurs ont constaté ce qui suit :
Lorsque les chercheurs ont comparé les résultats obtenus chez les 131 sujets recevant des IP et les 52 sujets qui n'avaient jamais reçu d'IP, ils ont d'abord trouvé que ces derniers avaient habituellement des moelles épinières plus épaisses. Cependant, lorsqu'ils ont refait l'analyse de leurs données en tenant compte de la grandeur et du poids des sujets, cette différence entre les utilisateurs d'IP et les non-utilisateurs a disparu. Ils ont conclu que, de façon générale, les sujets plus minces étaient plus susceptibles de développer l'ostéoporose que les sujets plus pesants. Ce résultat s'accorde avec les observations faites dans le cadre d'études menées auprès de sujets séronégatifs.
Selon les chercheurs, la masse maigre de l'organisme — un terme qui désigne principalement les muscles — influe sur l'épaisseur des os. De façon générale, plus il y a de muscles, plus les os sont épais, du moins chez les hommes. Chez les femmes, il paraît que la quantité de muscles et de graisses corporels joue un rôle dans le maintien de l'épaisseur des os. Ainsi, les chercheurs estiment que les sujets dont les os se sont amincis durant l'étude avaient eu une faible masse maigre au moment de leur admission à l'étude.
L'équipe de recherche nous rappelle que l'accroissement de l'épaisseur des os qui s'est produit chez les utilisateurs de l'indinavir ne se traduit pas forcément en une augmentation de la force des os. D'autres recherches sont nécessaires pour :
Référence
Nolan D, Upton R, McKinnon E, et al. Stable or increasing bone mineral density in HIV-infected patients treated with nelfinavir or indinavir. AIDS 2001;15(10):1275-1280.
20010710
CATF11902
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