
Le recours à la multithérapie antirétrovirale fortement active a donné lieu à une amélioration impressionnante du taux de survie chez les personnes ayant le VIH/sida (PVVIH/sida) en Amérique du Nord et en Europe occidentale qui parviennent à respecter des régimes thérapeutiques complexes. Cependant, les multithérapies antirétrovirales provoquent souvent de nombreux effets secondaires, le plus notoire desquels est sans doute le syndrome de lipodystrophie. Ce dernier comporte les éléments suivants :
Il n'est pas clair quels éléments du syndrome de lipodystrophie soient attribuables aux composants spécifiques des multithérapies, à savoir les inhibiteurs de la protéase (IP), les analogues nucléosidiques (nucléosides) et les analogues non nucléosidiques (non-nucléosides). Certains chercheurs sont d'avis que l'infection au VIH elle-même pourrait jouer un rôle dans le syndrome de lipodystrophie. Dans le but de mieux élucider le rôle que jouent les IP dans le syndrome de lipodystrophie, des chercheurs en Californie ont mené une étude de courte durée sur l'indinavir auprès de sujets séronégatifs pour le VIH. Leurs résultats montrent clairement que le risque de diabète s'accroît après un traitement à l'indinavir d'une durée aussi courte que quatre semaines.
Les chercheurs ont recruté des hommes séronégatifs en bonne santé dont l'âge moyen était de 42 ans. Les sujets ont été admis à l'hôpital pour cinq jours pour recevoir des repas comportant une quantité fixe de matières grasses, de protéines et de féculents/sucres. L'hospitalisation a été nécessaire pour maintenir le poids corporel des sujets et réduire l'effet de l'alimentation sur leurs niveaux sanguins d'insuline, de glucose et de lipides au début de l'étude. À la fin de leur séjour à l'hôpital, les sujets ont commencé à prendre de l'indinavir à raison de 800 mg toutes les huit heures pendant quatre semaines.
Les effets secondaires couramment signalés pendant l'étude ont été les suivants :
Les résultats des nombreux tests effectués par les chercheurs ont révélé que tous les sujets avaient de la difficulté à traiter le sucre correctement après avoir commencé un traitement à l'indinavir. Spécifiquement, l'indinavir nuisait à la faculté de l'organisme de transférer le sucre sanguin aux cellules afin d'être utilisé comme source d'énergie. L'indinavir exerce cet effet, du moins en partie, en réduisant la sensibilité des cellules aux effets de l'insuline. Cet effet fait augmenter le risque de diabète chez les utilisateurs de l'indinavir. Un diabète s'est effectivement développé chez un sujet au cours de cette étude.
Les chercheurs ont signalé que l'effet indésirable de l'indinavir sur le sucre sanguin et l'insuline était plus susceptible de se produire chez les sujets ayant des antécédents familiaux de diabète.
Dans l'ensemble, quatre semaines d'exposition à l'indinavir ont eu peu d'effet sur les niveaux de lipides – cholestérol, triglycérides, lipoprotéine de basse densité et lipoprotéine de haute densité – dans le sang. De plus, aucun sujet n'a éprouvé de changement de sa forme corporelle. Cependant, une exposition de plus longue durée aurait pu donner des résultats différents.
Cette étude constitue un bon point de départ en ce qui concerne la recherche sur les causes du syndrome de lipodystrophie. Des études plus poussées devront être menées pour évaluer les autres IP auprès d'autres populations, notamment les femmes, autant avant qu'après la ménopause.
RÉFÉRENCE
1. Noor MA, Lo JC, Mulligan K, et al. Metabolic effects of indinavir in healthy HIV-seronegative men. AIDS 2001;15(7):11-18.
20010610
CATF11802
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