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Substitution des non-nucléosides aux inhibiteurs de la protéase

TreatmentUpdate 114 - 2001 janvier ; Volume 12 Issue 10

Hosein SR click here for english language version of article
Situation et résumé

Certaines personnes vivant avec le VIH/sida (PVVIH/sida) qui suivent une multithérapie anti-VIH comportant un inhibiteur de la protéase (IP) éprouvent les effets secondaires suivants :

L'ensemble de ces signes et de ces symptômes est désigné par le terme syndrome de lipodystrophie. Pendant longtemps, on avait tendance à imputer tous ces problèmes à l'usage d'inhibiteurs de la protéase. Cependant, le recul dont on dispose actuellement permet clairement de constater qu'il n'existe pas une seule cause des nombreux changements qui caractérisent le syndrome de lipodystrophie. En effet, il se peut que plusieurs syndromes soient présents en même temps, et le rôle que jouent les différentes catégories de médicaments anti-VIH demeure peu clair. Quoi qu'il en soit, il est possible que certaines PVVIH/sida souhaitent changer un régime antirétroviral à base d'IP pour une combinaison comportant un analogue non nucléosidique, ou non-nucléoside, tels que la névirapine (Viramune) ou l'efavirenz (Sustiva).

Des médecins en Espagne ont recruté 20 sujets qui avaient éprouvé des modifications de leur forme corporelle sous l'effet d'un régime comportant un IP. Tous les sujets avaient une faible charge virale en VIH – moins de 200 copies – et tous ont remplacé leur IP par l'efavirenz. De façon générale, la charge virale et la numération de CD4+ des sujets étaient encore stables six mois après le changement. Certains aspects du syndrome de lipodystrophie ont changé durant cette période, mais d'autres pas. Les raisons possibles de ces changements sont exposées plus loin.

Détails de l'étude

Voici le profil des 11 hommes et des 9 femmes recrutés au moment de leur admission à l'étude :

Avant de changer de médicaments, tous les sujets ont dit avoir subi une redistribution de leurs graisses corporelles sous les formes suivantes :

De plus, les sujets avaient perdu de la graisse sur les bras, les jambes et les fesses. Tous les sujets ont substitué l'efavirenz à un IP comme « épine dorsale » de leur régime antirétroviral. Le suivi a duré au moins six mois.

Résultats – tour de taille, graisses

Dans l'ensemble, le poids corporel des sujets n'a pas changé, même après six mois du nouveau traitement. Les sujets ont perdu du poids au niveau de l'abdomen à mesure que la taille s'amincissait, mais cette tendance ne s'est pas affirmée de façon significative.

L'examen par ultrasons de la graisse sous-cutanée (sous la peau) de l'abdomen n'a permis de déceler aucune diminution six mois après le changement de traitement. Cependant, 11 sujets avaient l'impression que leur apparence s'était améliorée après le « switch ».

Résultats – charge virale et cellules CD4+

Avant de changer de médicaments, la charge virale des sujets se situait aux niveaux suivants :

Six mois après la substitution de l'efavirenz aux IP, les niveaux de charge virale étaient les suivants :

L'unique sujet dont la charge virale a franchi la barre des 200 copies – pour atteindre 565 copies – a dû abandonner son traitement à l'efavirenz.

Avant le changement, la numération CD4+ moyenne se situait vers les 280 cellules. Après le changement, elle s'est élevée à 363 cellules, mais cette différence n'était pas significative du point de vue statistique.

Lipides et sucres

D'un niveau supérieur à la normale au début de l'étude, les taux lipidiques – triglycérides et « mauvais » cholestérol ou LDL (lipoprotéine à faible densité) – ont baissé considérablement sous l'effet de six mois de traitement à l'efavirenz. Le taux du « bon » cholestérol (HDL ou lipoprotéine de haute densité) n'a pas changé.

Effets secondaires

Cinq sujets ont présenté des effets secondaires bénins associés à l'efavirenz dont :

Ces symptômes ont disparu après un mois. Trois autres sujets ont présenté de graves effets secondaires dont :

Ces effets secondaires ont été suffisamment graves pour nécessiter l'abandon de l'efavirenz en faveur de la névirapine chez ces sujets. Cette substitution a mis fin aux symptômes dans l'espace de quelques jours.

Il est décevant de constater que la graisse sous-cutanée – celle qui se trouve sous la surface de la peau et qui sert de coussin et d'isolation – n'a pas réapparu après le changement de traitement car son retour aurait amélioré l'apparence des PVVIH/sida atteintes de lipodystrophie. Les chercheurs essaient toujours d'élucider les origines du syndrome de lipodystrophie. Il n'est pas clair si ce type de perte de graisses est permanent. Il est à noter que la perte de graisses sous-cutanées a été associée à l'usage d'analogues nucléosidiques tels que l'AZT, le d4T etc. Il est donc possible que l'usage continu de ces médicaments puisse empêcher la récupération de graisses sous-cutanées. Plusieurs études ont porté sur des sujets qui utilisaient exclusivement des IP ou une combinaison d'IP et de non-nucléosides. Les médecins oeuvrant dans plusieurs de ces centres sont en train de mesurer les niveaux de graisses sous-cutanées chez ces patients afin de relever des pertes à cet égard. Les résultats de ces études devraient être présentés lors des principales conférences sur le sida de 2002.

RÉFÉRENCE

1. Martinez E, Garcia-Viejo MA, Blanco JL, et al. Impact of switching from human immunodeficiency virus type 1 protease inhibitors to efavirenz in successfully treated adults with lipodystrophy. Clinical Infectious Diseases 2000;31(5):1266-73.

20010131
CATF11408


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