
Le recours à trois médicaments anti-VIH – dont un inhibiteur de la protéase – est la norme de soins en Amérique du Nord depuis quatre ans. Ce genre de combinaison exige souvent le respect d'un schéma posologique complexe et de contraintes alimentaires et oblige les patients à prendre de nombreux comprimés par jour. En plus de la possibilité d'interactions médicamenteuses associée à l'usage d'inhibiteurs de la protéase et d'analogues non nucléosidiques, certaines trithérapies comportent des risques de diabète, de maladie cardiovasculaire et de dommages hépatiques. Dans l'espoir de mettre au point des régimes thérapeutiques plus simples et plus tolérables, plusieurs sociétés pharmaceutiques et médecins sont en train d'éprouver diverses combinaisons. L'une des combinaisons qui semble prometteuse comprend les trois médicaments suivants :
AZT (Retrovir), 3TC (Epivir) et abacavir (ABC, Ziagen)
Ces trois médicaments sont tous commercialisés par Glaxo SmithKline et sont désormais combinés dans un seul comprimé sous le nom de Trizivir. En attendant que Trizivir soit approuvé au Canada, certains médecins prescrivent la combinaison de Combivir (AZT et 3TC dans un seul comprimé) et d'abacavir. Des médecins aux États-Unis ont mené une étude sur l'association AZT + 3TC + ABC avant que Trizivir ne soit mis au point. Les participants à cette étude avaient des charges virales relativement basses – 1300 copies en moyenne – et n'avaient jamais utilisé d'inhibiteur de la protéase. Après un an de traitement, les chercheurs ont constaté que cette trithérapie nucléosidique avait réduit la charge virale sous le seuil des 50 copies chez 56 % des sujets.
Les chercheurs ont recruté 87 sujets (16 % de femmes, 84 % d'hommes) pour cette étude. Aucun sujet n'avait de symptômes de sida au début de l'étude et la majorité d'entre eux avaient été exposés à des nucléosides (AZT, d4T, 3TC, ddI) pendant plus de cinq mois. Toutefois, aucun d'entre eux n'utilisait encore d'AZT. Voici le profil des sujets au début de l'étude :
Les chercheurs ont suivi les sujets pendant un an après leur admission à l'étude.
Des baisses importantes de la charge virale se sont produites après aussi peu que deux semaines de traitement. L'utilisation antérieure de l'AZT ou du 3TC n'a pas eu d'impact significatif sur la faculté de l'AZT/3TC/ABC de réduire la charge virale. Après un an, la charge virale se situait aux niveaux suivants dans les proportions indiquées :
La trithérapie nucléosidique n'a malheureusement pas supprimé la charge virale de façon efficace chez 15 sujets. En moyenne, ces 15 sujets avaient des charges virales élevées (15 000 copies) au début de l'étude comparativement aux sujets (800 copies) chez qui une suppression soutenue de la charge virale a été atteinte.
La numération de CD4+ des sujets a augmenté de 66 cellules en moyenne après un an de trithérapie nucléosidique.
Les sujets ont éprouvé les effets secondaires suivants dans les proportions indiquées :
Dans le cadre d'autres études, une faible proportion de sujets ont eu une réaction d'hypersensibilité à l'ABC, dont les symptômes comprennent les suivants :
Une réaction d'hypersensibilité s'est produite chez trois sujets seulement dans le cadre de la présente étude; tous les trois ont cessé d'utiliser l'ABC à la suite de la réaction.
On n'a pas constaté d'augmentation des taux sanguins de sucre, de cholestérol ou de triglycérides sous l'effet de la trithérapie nucléosidique.
Les résultats de cette étude laissent croire que la trithérapie nucléosidique comportant l'AZT, le 3TC et l'ABC peut réduire la charge virale sous la barre des 50 copies chez environ 56 % des personnes vivant avec le VIH. Signalons que les participants à cette étude n'avaient jamais utilisé d'inhibiteur de la protéase, ne présentaient aucun symptôme de sida et avaient une charge virale relativement faible. Les résultats risquent d'être moins prometteurs chez les personnes ayant le sida ou une charge virale élevée ou qui ont déjà utilisé un inhibiteur de la protéase.
RÉFÉRENCE
1. Henry K, Wallace RJ, Bellman PC, et al. Twice-daily triple nucleoside intensification treatment with lamivudine-zidovudine plus abacavir sustains suppression of human immunodeficiency virus type 1: results of the TARGET study. Journal of Infectious Diseases 2001;183:571-578.
20010131
CATF11407
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