
La DHEA (déhydroépiandrostérone) est une hormone produite par les glandes surrénales, lesquelles se situent au-dessus des reins. L'organisme convertit la DHEA en testostérone et en estrogène. Il se peut que la DHEA exerce d'autres fonctions aussi, mais les chercheurs ne peuvent préciser lesquelles. Le taux de DHEA atteint son plus haut niveau chez les humains entre les âges de 20 et 30 ans, et on constate les concentrations les plus faibles de l'hormone chez les personnes âgées. Les chercheurs savent que certaines cellules immunitaires, notamment les CD4+ et les CD8+, envoient des signaux aux glandes surrénales qui semblent déclencher la production de DHEA. Lorsque l'activité des cellules T est supprimée par certains médicaments, tels les agents utilisés chez les receveurs d'organe (cyclosporine ou tacrolimus), la production de DHEA diminue. Chez les personnes vivant avec le VIH/sida, il est possible que les cellules infectées par le VIH contribuent également à réduire la production de DHEA.
Vers la fin des années 80 et au début des années 90, plusieurs équipes de recherche ont trouvé que les niveaux de DHEA étaient généralement plus faibles chez les PVVIH/sida que chez les personnes séronégatives du même âge. De plus, deux études ont permis de constater que le taux de DHEA s'abaissait graduellement chez les PVVIH/sida, atteignant son niveau le plus faible dans la période précédant l'apparition du sida. En effet, au moins un groupe de chercheurs a trouvé que le risque de progression vers le sida était plus élevé chez les PVVIH/sida asymptomatiques ayant un faible taux de DHEA que chez les PVVIH/sida dont le taux de DHEA était plus élevé.
Une interprétation hâtive de ces observations pourrait laisser entendre qu'une supplémentation en DHEA contribue à retarder l'apparition du sida. La situation risque malheureusement d'être plus complexe qu'elle le paraît. En période de maladie, il est possible que l'organisme produise davantage d'hormones comme le cortisol (et d'autres glucocorticoïdes) que d'hormones anabolisantes (qui favorisent la croissance musculaire) comme la DHEA et la testostérone. Ce virage dans la production hormonale se produit parce que le cortisol possède une action anti-inflammatoire qui peut aider l'organisme à faire face aux infections, du moins à court terme. Dans le cas de l'infection au VIH, il se pourrait que les suppléments de DHEA contribuent à compenser les surplus de cortisol, mais cette hypothèse reste à prouver. D'autres utilisations possibles de la DHEA chez les PVVIH/sida ont été évoquées. En voici un survol :
Plusieurs articles du présent numéro de TraitementSida sont consacrés à la DHEA. Entre autres, nous rendons compte de l'effet de l'infection au VIH sur la DHEA, de l'effet de la multithérapie antirétrovirale sur les taux de DHEA et de l'évaluation de la DHEA à titre d'antidépresseur. Le lecteur ou la lectrice trouvera également une mise en garde contre les effets secondaires possibles de la DHEA.
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