
La majorité des études qui ont mesuré les niveaux de DHEA chez les PVVIH/sida se sont déroulées avant que la multithérapie antirétrovirale fortement active ne soit disponible. Des chercheurs de New York ont mené une étude pour évaluer les changements dans les taux de DHEA et de testostérone chez un groupe de PVVIH/sida, dont certaines suivaient une multithérapie anti-VIH. Ils ont trouvé que la chute des CD4+ et la montée de la charge virale s'accompagnaient habituellement d'une baisse du taux de DHEA. Ils ont également découvert que le taux de DHEA avait tendance à être plus élevé chez les PVVIH/sida sous multithérapie comparativement au niveau mesuré avant le traitement.
Les chercheurs ont recruté 169 hommes séropositifs dont le profil au début de l'étude ressemblait à ce qui suit :
Les sujets ont fait l'objet d'un suivi régulier pendant un an.
Chez les humains, la DHEA est produite sous forme de DHEA ou de DHEA sulfatée (DHEA-S). De façon générale, les techniciens mesurent les niveaux de DHEA-S parce qu'elle se trouve en plus grande quantité, ce qui la rend plus facile à déceler. De plus, la DHEA et la DHEA-S peuvent se transformer l'une en l'autre et sont donc considérées comme identiques.
La testostérone peut se trouver dans le sang; elle est parfois attachée à des protéines et parfois non. La forme non attachée est appelée testostérone « libre » et c'est elle qui possède une activité hormonale. Une fois liée par des protéines, la testostérone est difficilement accessible par l'organisme. C'est donc la forme libre de la testostérone qui possède les propriétés anabolisantes et les autres effets habituellement attribués à la testostérone.
Les mesures du taux de DHEA ont donné les résultats suivants :
De façon générale, le taux de DHEA s'abaissait considérablement à mesure que la numération de CD4+ diminuait et que la charge virale augmentait.
Les événements suivants sont survenus au cours des 12 mois de l'étude :
Les sujets dont l'état a progressé vers le sida ou qui sont décédés étaient plus susceptibles d'avoir eu les mesures suivantes au début de l'étude :
Taux de DHEA et de testostérone et thérapie anti-VIH
Au début de l'étude, seuls huit sujets suivaient une multithérapie comportant un inhibiteur de la protéase. Ce chiffre s'est élevé à 32 au fil de l'étude. Cette différence est attribuable au fait que l'étude se déroulait au moment où les premiers IP sont arrivés sur le marché.
Le taux de DHEA a augmenté significativement chez les hommes qui recevaient des IP comparativement à ceux qui n'en recevaient pas. Le taux de testostérone libre n'a pas changé significativement chez l'un ou l'autre des groupes. Ni le taux de DHEA ni celui de la testostérone n'ont été associés à la présence de fatigue ou de dépression dans le cadre de cette étude.
Les résultats de cette étude viennent confirmer ceux d'au moins deux autres études qui ont trouvé que le taux de DHEA s'abaissait à mesure que l'immunodéficience s'aggravait. Chose intéressante, il semble qu'une thérapie anti-VIH puissante ait la faculté d'accroître le taux de DHEA chez certains sujets. Ces résultats risquent toutefois de ne pas s'appliquer à d'autres groupes non évalués tels les utilisateurs de drogues injectables et les femmes.
RÉFÉRENCE
1. Ferrando FJ, Rabkin JG and Poretsky L. Dehydroepiandrosterone sulfate (DHEAS) and testosterone relation to illness stage and progression over one year. Journal of Acquired Immune Deficiency Syndromes 1999;22:146-154.
20010131
CATF11404
Copyright © 2001 - TreatmentUpdate. Reproduced with permission. Reproduction of this article (other than one copy for personal reference) must be cleared through the Editor, The Canadian AIDS Treatment Information Exchange, 555 Richmond St. West, Suite 505, Box 1104, Toronto, ON, M5V 3B1 • Phone: 416-203-7122 • Toll Free: 1-800-263-1638 • Fax: 416-203-8284 http://www.catie.ca