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DHEA contre la dépression?

TreatmentUpdate 114 - 2001 janvier ; Volume 12 Issue 10

Hosein SR click here for english language version of article

Les chercheurs savent que la dépression est relativement courante chez les PVVIH/sida. La dépression est souvent associée à une perte d'énergie et de la pulsion sexuelle. Plusieurs études à double insu menées pendant les années 90 ont démontré que la prise de la DHEA à raison de 30 mg à 90 mg deux fois par jour pendant six à 12 semaines donnait lieu à une amélioration de l'humeur, de l'énergie et de la libido chez certains sujets souffrant d'une dépression majeure. Afin d'évaluer l'effet des suppléments de DHEA chez les PVVIH/sida déprimées, des chercheurs à New York ont mené une étude de 16 semaines sur cette hormone. Les résultats de cette dernière laissent penser que certaines PVVIH/sida connaissent une amélioration de leur humeur sous l'effet de ce traitement.

Détails de l'étude

Tous les sujets vivaient avec le VIH et étaient aux prises avec une dépression et une perte d'énergie d'intensité variable. Des 45 sujets (six femmes, 39 hommes) inscrits, seuls 32 ont complété les huit premières semaines de l'étude. Voici le profil des sujets au début de l'étude :

Dosage de DHEA

Les sujets ont reçu 100 mg de DHEA par jour pendant la première semaine. Le dosage a ensuite été augmenté à 200 mg par jour pendant la deuxième semaine et à 300 mg pendant la quatrième semaine. Les sujets ont été autorisés à augmenter le dosage à plus de 300 mg par jour s'ils ne bénéficiaient d'aucun allègement de leur dépression et qu'ils n'éprouvaient pas d'effets secondaires importants.

Différentes parties de l'étude

Tous les sujets ont reçu de la DHEA pendant les huit premières semaines de l'étude. Ensuite, si aucune amélioration de l'humeur n'était constatée, ils ont été obligés de quitter l'étude. Les sujets qui ont répondu au traitement ont continué de prendre de la DHEA pendant quatre semaines (12 semaines en tout). Les sujets dont l'amélioration de l'humeur s'est maintenue jusqu'à la 12e semaine ont été répartis au hasard pour recevoir soit de la DHEA soit de la DHEA-S pendant une autre période de quatre semaines. Certains d'entre eux ont donc passé jusqu'à 16 semaines dans l'étude.

Résultats – abandons

Treize sujets (29 %) ont quitté l'étude avant la 8e semaine. La majorité des abandons sont survenus durant les deux premières semaines pour les raisons suivantes :

Résultats – amélioration de l'humeur

Sur les 32 sujets qui étaient encore dans l'étude après huit semaines, 23 (72 %) ont constaté une amélioration « importante ou très importante » de leur humeur. Il s'agit-là d'une différence significative sur le plan statistique. Lorsque les chercheurs ont écarté de leur analyse les sujets qui recevaient de la testostérone (qui peut également améliorer l'humeur), le taux de réponse s'élevait toujours à 68 %. On n'a pas fait de lien entre l'amélioration de l'humeur et le taux de DHEA au début de l'étude. La posologie la plus couramment utilisée a été de 300 mg une fois par jour.

Autres symptômes

Les sujets qui sont demeurés dans l'étude ont également constaté les améliorations suivantes :

Résultats – muscles

Les chercheurs ont recueilli des données sur la composition corporelle de 25 sujets à des moments différents de l'étude. Ils ont constaté une augmentation statistiquement significative de la masse musculaire à la 12e semaine. Aucune augmentation additionnelle de la masse musculaire n'a été constatée chez les sujets sous DHEA lors de la phase contrôlée (contre placebo) de l'étude, c'est-à-dire entre la 12e et la 16e semaines. De plus, la masse musculaire des sujets recevant le placebo n'a pas diminué pendant cette période.

Changements d'humeur lors de la phase placebo

Entre les 12e et 16e semaines de l'étude, les chercheurs ont réparti les sujets au hasard pour recevoir soit de la DHEA soit un placebo. Les analyses sanguines n'ont permis de constater aucune différence significative entre le groupe DHEA et le groupe placebo pendant cette dernière phase de l'étude.

Effets secondaires

Certains sujets se sont plaints des effets secondaires suivants :

Commentaires au sujet de l'étude

Bien que certains sujets recevant de la DHEA aient bénéficié d'une augmentation de la masse musculaire, les techniciens n'ont constaté aucune augmentation du taux de testostérone. Ce résultat est intéressant parce que la DHEA contribue à la fabrication de la testostérone et de l'estrogène. D'autres équipes de recherches estiment que la DHEA pourrait rehausser l'effet anabolisant de la testostérone.

Les chercheurs s'attendaient à voir les symptômes de la dépression revenir chez les sujets qui ont changé la DHEA pour le placebo, mais cela ne s'est pas produit. Il se peut donc que l'« effet placebo » ait joué un rôle dans cette étude. Cependant, dans le cadre d'autres études, les améliorations des états de dépression se sont produites chez environ « 20 % à 30 % » des sujets sous placebo. Par contre, jusqu'à 75 % des sujets ayant reçu le placebo dans le cadre de la présente étude ont constaté une amélioration de leur état. Il est donc douteux que cette dernière soit attribuable à l'effet placebo. Il est également à signaler que les gains de masse musculaire se sont maintenus chez les sujets qui ont reçu un placebo pendant quatre semaines.

Ces résultats pourraient s'expliquer par le fait qu'aucun des sujets de cette étude ne souffrait de dépression majeure. Il semblerait, en effet, que les états de dépression modérés peuvent être allégés à l'aide d'une supplémentation en DHEA d'une durée de trois mois. Une fois rétablis de la dépression, il est possible que les gens n'aient plus besoin de prendre de DHEA en continu. Mentionnons aussi que d'autres études ont trouvé la DHEA efficace comme traitement de la dépression.

Encouragé par les résultats de son étude pilote, ce groupe de chercheurs new-yorkais a conçu une autre étude sur la DHEA; ils espèrent recruter 100 PVVIH/sida pour cette dernière afin d'évaluer l'effet de la DHEA sur l'humeur. Ils comptent également évaluer l'impact des suppléments de DHEA sur la production d'autres hormones dans l'organisme (communiqué écrit J Rabkin, 2001).

1. Rabkin JG, Ferrando SJ, Wagner GJ and Rabkin R. DHEA treatment for HIV+ patients: effects on mood, androgenic and anabolic parameters. Psychoneuroendocrinology. 2000 (1):53-68.

2. Rabkin JG, Wagner GJ, Rabkin R. A double-blind, placebo-controlled trial of testosterone therapy for HIV-positive men with hypogonadal symptoms. Archive of General Psychiatry 2000;57(2):141-7.

3. Schifitto G, McDermott MP, Evans T, et al. Autonomic performance and dehydroepiandrosterone sulfate levels in HIV-1-infected individuals. Archives of Neurology 2000;57:1027-1032.

4. Morley JE, Kaiser F, Raum W, et al. Potentially predictive and manipulable blood serum correlates of aging in the healthy human male: progressive decreases in bioavailable testosterone, dehydroepiandrosterone sulfate, and the ratio of insulin-like growth factor 1 to growth hormone. Proceedings of the National Academy of Sciences USA 1997;94:7537-7542.

20010131
CATF11403


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