Le note: Information important dans cet article était exact en decembre 2000. La pointe du progrès a pu changer depuis la date de la publication. Lorsque les personnes ayant le sida se remettent d'une infection potentiellement mortelle, leurs médecins leur prescrivent habituellement des médicaments antibiotiques, antifongiques ou antiviraux à doses réduites afin de continuer à supprimer l'infection. C'est notamment le cas des infections suivantes :
Si on n'a pas recours à des doses préventives des médicaments antimicrobiens, les infections ont tendance à revenir et à remettre la vie en danger. Il reste toutefois que l'on ne prescrit habituellement pas d'antibiotique aux personnes séropositives qui ont guéri de la tuberculose.
Curieux de savoir si de telles personnes courent un risque élevé de retomber malades de la tuberculose, des médecins en Haïti et à New York ont mené une étude de deux ans pour comparer les effets d'une antibiothérapie post-traitement à l'isoniazide contre un placebo chez des personnes vivant avec le VIH ou pas. Chose peu surprenante, les personnes ont qui suivi le traitement d'entretien étaient considérablement moins susceptibles de faire une tuberculose que les personnes « traitées » au placebo. Les résultats de cette étude laissent entendre qu'un traitement d'entretien à l'isoniazide pourrait être indiqué chez certaines personnes vivant avec le VIH qui se sont rétablies de la tuberculose.
Les chercheurs ont recruté 2333 adultes (116 femmes, 117 hommes) pour cette étude. Tous les sujets avaient guéri d'un premier épisode de tuberculose avant d'être admis à l'étude. De plus, tous les sujets avaient été sensibilisés à l'importance de prendre tous leurs médicaments tels que prescrits, une aptitude qui a été surveillée au cours de l'étude. Environ 64 % des sujets séropositifs présentaient des symptômes du VIH/sida au moment de leur admission à l'étude.
Les sujets ont reçu soit 300 mg d'isoniazide et 40 mg de vitamine B6 une fois par jour pendant un an, soit 40 mg de vitamine B6 et un placebo, également pendant un an. La vitamine B6 contribue à réduire la toxicité de l'isoniazide. En moyenne, les sujets furent suivis pendant deux ans.
La tuberculose est réapparue dans les proportions suivantes :
Selon leurs calculs, les médecins ont constaté un risque de tuberculose dix plus élevé chez les personnes séropositives que chez les personnes séronégatives. Cette différence était significative du point de vue statistique, c'est-à-dire non attribuable au hasard seulement.
Le nombre de cas de tuberculose chez les sujets séropositifs se répartissait comme suit :
Chez les sujets séropositifs traités au placebo, le risque de tuberculose était six fois plus élevé que chez les sujets traités à l'isoniazide. Il s'agit-là d'une différence statistiquement significative.
Les chercheurs ont constaté un lien important entre le risque de retomber malade de la tuberculose est le fait d'avoir présenté des symptômes de l'infection au VIH avant le premier épisode tuberculeux. En effet, aucune récidive de tuberculose n'est survenue chez les personnes séropositives qui n'avaient pas de symptômes de l'infection au VIH.
Le nombre de décès chez les sujets séropositifs, soit 34, était divisé en part égales entre les sujets traités à l'isoniazide et les sujets du groupe placebo.
Les résultats de cette étude de longue durée démontrent clairement que l'isoniazide a contribué à prévenir les récidives de tuberculose chez les personnes séropositives. Ce fut notamment le cas des personnes qui avaient présenté des symptômes du VIH avant de tomber malade de la tuberculose pour la première fois. Ces résultats risquent toutefois de ne pas s'appliquer à toutes les personnes vivant avec le VIH. Il se peut que les personnes qui ont accès à un traitement antirétroviral gratuit ou subventionné – et qui répondent bien au traitement sur le plan immunologique grâce à une bonne observance thérapeutique – n'aient pas besoin de suivre le protocole avancé dans cette étude. Les améliorations immunologiques qui découlent de l'usage des antirétroviraux ont en effet permis à certaines PVVIH/sida d'arrêter un traitement d'entretien contre plusieurs maladies liées au sida telles que le MAI, la PPC et le CMV. Des chercheurs à Taïwan ont trouvé que l'immunité antituberculeuse de certaines PVVIH/sida s'est rétablie sous l'effet des antirétroviraux, du moins dans le cadre d'expériences de laboratoire sur des cellules CD4+ et CD8+. Des études plus poussées sont nécessaires pour déterminer la nécessité de lignes directrices sur l'arrêt du traitement d'entretien contre la tuberculose chez les personnes vivant avec l'infection au VIH.
La question de l'observation thérapeutique se pose aussi. Les sujets qui ont suivi un traitement d'entretien antituberculeux ont été sensibilisés à l'importance de l'observance, et leurs habitudes en ce qui concerne la prise de pilules ont été surveillées de temps en temps. Ils ne représentent donc pas la PVVIH/sida typique atteinte de tuberculose ou qui risque de retomber malade de la tuberculose. Les résultats risquent alors d'êtres différents chez les PVVIH/sida qui ne bénéficient d'aucune sensibilisation ou d'aucun soutien en ce qui a trait à l'observance du traitement antituberculeux.
1. Fitzgerald DW, Desvarieux M, Severe P, et al. Effect of post-treatment isoniazid on prevention of recurrent tuberculosis in HIV-1-infected individuals: a randomized trial. Lancet 2000;356:1470-1474.
2. Hsieh S-M, Hung C-C, Pan S-C, et al. Restoration of cellular immunity against tuberculosis in patients co-infected with HIV-1 and tuberculosis with effective antiretroviral therapy: assessment by determination of CD69 expression on T cells after tuberculin stimulation. Journal of Acquired Immune Deficiency Syndromes 2000; 25(3):212-220.
20001210
CATF11306
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