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L'innocuité et l'efficacité de l'association interféron/ribavirine chez les personnes séropositives co-infectées par l'hépatite C
TraitementSida 112 - 2000 novembre: Volume 12 Issue 8
Hosein SR
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Situation et résumé

À l'heure actuelle, le traitement de l'infection au virus de l'hépatite C (VHC) est limité à l'association de l'analogue nucléosidique ribavirine et de l'immunostimulant interféron-alpha. Chez les personnes non infectées par le VIH, le taux de guérison s'élève à 40 % sous l'effet de cette combinaison. Cependant, le taux de succès est habituellement beaucoup moins élevé chez les personnes vivant avec les deux virus.

Les médecins qui soignent des patients co-infectés par le VIH et le VHC ont de nombreuses préoccupations, notamment en ce qui concerne l'innocuité du traitement combiné contre le VHC. De plus, certains s'inquiètent de la possibilité que la ribavirine affaiblisse l'activité anti-VIH des analogues nucléosidiques tels que l'AZT et le d4T. Dans une tentative de résoudre ces préoccupations, des médecins parisiens ont revu les dossiers médicaux de 21 personnes co-infectées par le VIH et le VHC qui avaient reçu un traitement d'association contre l'hépatite C. Chacun de ces sujets avait subi un traitement inefficace à l'interféron par le passé, donc il n'est pas étonnant de constater que seulement 14 % d'entre eux se sont remis de l'infection au VHC de façon durable sous l'effet de l'association interféron/ribavirine. Le traitement a été plus ou moins bien toléré, bien que des effets secondaires aient été signalés (voir la section suivante pour plus de détails). La principale conclusion de l'étude? Des recherches plus poussées sur des traitements plus efficaces et mieux tolérées de l'infection au VHC sont nécessaires.

Détails de l'étude

Les médecins ont évalué les dossiers médicaux de 21 sujets (4 hommes, 17 femmes) co-infectés par le VIH et le VHC. Environ la moitié du groupe présentait des dommages au foie attribuables à l'infection au VHC. Douze sujets suivaient une thérapie anti-VIH comportant un inhibiteur de la protéase. Pendant un an environ, tous les sujets ont reçu de l'interféron à raison de 3 millions d'unités trois fois par semaine en association avec 1000 à 1200 mg de ribavirine par jour. Avant d'amorcer la bithérapie anti-VHC, les sujets avaient les valeurs de laboratoire suivantes :

Résultats - charge virale

En moyenne, la charge virale (VIH) des sujets n'a pas changé de façon importante durant l'étude. Cependant, trois sujets ont vu leur charge virale augmenter significativement au cours de l'étude. Il est à noter que la charge virale de ces trois sujets se situait en dessous de 200 copies avant qu'ils aient commencé la bithérapie.

Résultats - taux de globules rouges

Le taux de globules rouges des sujets a chuté considérablement durant l'étude, sans doute en raison de l'effet de la ribavirine. Chez un sujet, le taux de globules rouges a baissé de façon tellement importante que les médecins ont interrompu son traitement. Cette même complication a amené les médecins à réduire la dose de ribavirine chez un sujet et à transfuser un autre.

Résultats - cellules CD4+

Après trois mois de thérapie anti-VHC, la numération de CD4+ des sujets a chuté de 68 cellules chez 52 % des sujets. Après six mois, la baisse moyenne des CD4+ s'élevait à 57 cellules. Un sujet a dû abandonner la bithérapie en raison d'une chute des CD4+ et d'une augmentation de la charge virale. Cette dernière a baissé lorsque le traitement a été arrêté.

Selon les médecins, aucun autre effet secondaire « grave » n'a été observé. Trois mois après l'arrêt du traitement, le nombre de globules rouges et de cellules CD4+ avait augmenté significativement.

Rémission de l'infection au VIH

Six sujets (29 %) semblent avoir guéri de l'infection au VHC sous l'effet du traitement. Toutefois, chez trois d'entre eux, le VHC est redevenu décelable dans les six mois suivant l'arrêt du traitement combiné. Ainsi, en bout de ligne, seuls trois sujets sur 21 (14 %) se sont remis de l'infection. Aucun détail concernant les souches de VHC ou l'éventuel lien que cela aurait pu avoir avec la rémission de l'infection n'a été fourni par les chercheurs.

Ribavirine et autres analogues nucléosidiques

À la lumière de ces résultats, les chercheurs français estiment que la ribavirine a eu un effet limité sur l'efficacité de l'AZT et du d4T. Il est cependant à noter que cette étude n'a pas été conçue pour évaluer de telles interactions médicamenteuses. Les chercheurs ne peuvent donc être certains de cette conclusion. Signalons aussi que l'arrêt de la bithérapie a donné lieu à une baisse de la charge virale en VIH chez un sujet.

Les données de cette étude permettent de conclure à la nécessité de traitements améliorés contre l'infection au VHC. Bien que le taux de guérison dans cette étude n'ait atteint qu'un piètre 14 %, la gravité des conséquences de la co-infection VHC/VIH constitue un argument convaincant en faveur du traitement précoce du VHC chez cette population.

RÉFÉRENCES

1. Zylberberg H, Benhamou Y, Lagneaux JL, et al. Safety and efficacy of inteferon-ribavirin combination therapy in HCV-HIV co-infected subjects: an early report. Gut 2000;47(5):694-697.

2. Mutimer D. Management of the HIV-HCV co-infected patient. Gut 2000;47(5):608-609.

20001115
CATF11204


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