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L'infection au virus de l'hépatite C réduirait les bienfaits des médicaments anti-VIH
TraitementSida 112 - 2000 novembre: Volume 12 Issue 8
Hosein SR
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Situation et résumé

Les personnes ayant l'hémophilie et les usagers de drogues injectables (UDI) qui vivent avec le VIH sont souvent également porteurs du virus de l'hépatite C (VHC). Comme la présence d'une telle co-infection peut accélérer le déclin du système immunitaire, il importe de la prévenir et, le cas échéant, de la soigner. Afin d'étudier les conséquences de la co-infection VIH/VHC, ainsi que celui des médicaments anti-VIH, des chercheurs en Suisse ont mené une étude de deux ans auprès de plus de 3000 personnes qui suivaient une multithérapie anti-VIH puissante. L'équipe a trouvé que les personnes co-infectées par le VIH et le VHC couraient un risque plus élevé de progression vers le sida et de décès que les personnes infectées par le VIH seulement. L'usage de drogues augmentait également le risque de sida et de décès. De plus, les personnes co-infectées qui suivaient une thérapie anti-VIH étaient moins susceptibles de connaître une augmentation importante de leurs cellules CD4+ que les personnes vivant avec le VIH seulement.

Détails de l'étude

Les chercheurs ont analysé des données recueillies auprès de 3111 sujets (29 % de femmes, 71 % d'hommes), dont l954 personnes vivant avec le VIH seulement et 1157 personnes co-infectées (VIH/VHC). Voici le profil des sujets au début de l'étude :

Infection au VIH seulement

Co-infection au VIH et au VHC

Tous les sujets ont suivi une multithérapie antirétrovirale puissante. Pour être qualifié de « puissant », le traitement devait associer « un minimum de trois médicaments, dont au moins un inhibiteur de la protéase ». Aucune personne qui avait utilisé un analogue non nucléosidique (delavirdine [Rescriptor], efavirenz [Sustiva] ou névirapine [Viramune]) n'a été admise à l'étude.

Les chercheurs ont suivi les sujets pendant au moins deux ans.

Résultats - nouvelles maladies

Au total, 179 sujets ont présenté une maladie définissant le sida, et 181 sujets sont décédés. Le risque de présenter une maladie définissant le sida sur une période de deux ans était comme suit chez les trois groupes de sujets :

Infections et complications

Le risque de présenter une nouvelle infection reliée au VIH était presque deux fois plus grand chez les sujets vivant avec le VIH et le VHC que chez les sujets infectés par le VIH seulement. Il s'agit-là d'une différence significative sur le plan statistique, c'est-à-dire non attribuable au hasard seulement. De plus, la proportion des décès était deux fois plus élevée chez les sujets co-infectés (9 %) que chez les personnes infectées par le VIH seulement (4 %). Là encore, il s'agit d'une différence significative du point de vue statistique.

Le risque de décès attribuable à une maladie du foie était neuf fois plus élevé chez les sujets co-infectés que chez les personnes non infectées par le VHC. Au moment de leur décès, les sujets des deux groupes avaient des charges virales et des numérations de CD4+ comparables.

VHC - impact sur la charge virale et les CD4+

Une fois le traitement anti-VIH amorcé, la présence du VHC n'a eu aucun effet sur la faculté des médicaments de supprimer la charge virale en VIH. En ce qui concerne la numération de CD4+, cependant, l'effet du VHC a été plus évident. Ainsi, après an un de traitement, les CD4+ ont augmenté de moins de 50 cellules dans les proportions suivantes chez les deux groupes :

Lorsque les chercheurs ont rajusté leurs calculs pour tenir compte de la numération de CD8+, de la charge virale en VIH et d'autres facteurs, cette différence entre les deux groupes s'est maintenue.

Selon les chercheurs, les personnes infectées par une souche de VHC appelée 3a étaient plus susceptibles de connaître une augmentation minime de leurs CD4+ sous l'effet du traitement anti-VIH que les personnes porteuses d'une autre souche de VHC. C'est la première fois qu'un tel lien semble s'établir, et les chercheurs suisses maintiennent que leurs résultats à cet égard doivent être confirmés par d'autres chercheurs.

VHC et le système immunitaire

Les chercheurs ont analysé les données portant sur 900 de leurs sujets qui étaient porteurs du virus de l'hépatite B (VHB). Ils n'ont décelé aucun lien entre le VHB et une faible réponse des cellules CD4+ au traitement anti-VIH.

Selon cette équipe de chercheurs, le VHC exercerait un effet sur le système immunitaire de deux façons. D'abord, il se peut que le virus affaiblisse la faculté des cellules de la moelle osseuse de produire des cellules CD4+. Ensuite, il est également possible que le VHC accroisse le taux de décès des cellules immunitaires en incitant les CD4+ à s'autodétruire par apoptose. Le « suicide » des cellules T et des autres cellules immunitaires est un grave problème dans l'infection au VIH. Peut-être l'explication de la faible réponse des CD4+ dans cette étude réside-t-elle dans l'effet du VHC sur ce processus.

Quoi qu'il en soit, cette étude met en valeur la nécessité de traitements efficaces contre l'infection au VHC pour les personnes vivant avec le VIH.

RÉFÉRENCES

1. Greub G, Ledergerber B, Battegay M, et al. Clinical progression, survival and immune recovery during antiretroviral therapy in patients with HIV-1 and hepatitis C virus coinfection: the Swiss HIV cohort study. Lancet 2000;356:1800-1805.

2. Graham CS and Koziel MJ. Why should hepatitis C affect immune reconstitution in HIV-1-infected patients? Lancet 2000;356:1865-1866.

3. Badley AD, Pilon AA, Landay A and Lynch DH. Mechanisms of HIV-associated lymphocyte apoptosis. Blood 2000;96(6):2951-2964.

4. Goldberg B and Stricker R. Apoptosis and HIV infection: T-cells fiddle while the immune system burns. Immunology Letters 1999 Oct 1;70(1):5-8.

20001115
CATF11203


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