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Le stimulant de la moelle osseuse GM-CSF (facteur stimulant les colonies de granulocytes-macrophages) est utilisé pour accroître le nombre de plusieurs types de globules blancs dont les neutrophiles et les lymphocytes. Dans le cadre d'expériences de laboratoire, le GM-CSF aurait aidé les cellules du système immunitaire à résister au VIH. De plus, les résultats de certaines études laissent penser que le GM-CSF réduit le taux de VIH chez les personnes sous traitement anti-VIH.
Des chercheurs au Brésil ont mené une étude de six mois pour examiner l'effet d'injections régulières du GM-CSF chez des personnes séropositives qui recevaient également un ou deux analogues nucléosidiques (médicaments de la même catégorie que l'AZT, le 3TC, etc.). Selon leurs résultats, le GM-CSF aurait contribué à réduire la charge virale chez certains patients.
Les chercheurs ont recruté 105 sujets (24 femmes, 81 hommes) pour leur étude. Tous les sujets comptaient moins de 300 cellules CD4+ et avaient déjà présenté une maladie définissant le sida. Aucun des sujets n'avait reçu d'AZT pendant plus de six mois avant l'étude. Les chercheurs ont réparti les sujets au hasard pour recevoir du GM-CSF (125 microgrammes) ou un placebo par injection sous-cutanée à raison de deux injections par semaine pendant six mois. Environ les deux tiers des sujets ont reçu deux analogues nucléosidiques pendant la même période, notamment l'AZT et le ddI. L'autre tiers des sujets n'a utilisé qu'un seul nucléoside, habituellement l'AZT. Voici le bilan des deux groupes au début de l'étude :
Comparativement aux niveaux d'avant l'étude, les sujets recevant du GM-CSF ont vu leur charge virale baisser d'environ 0,5 log pendant l'étude. Les sujets sous placebo n'ont connu aucune baisse semblable. Cette différence entre les deux groupes était significative du point de vue statistique, c'est-à-dire non attribuable au hasard seulement.
Après six mois, la charge virale est passée au dixième de ce qu'elle était au début de l'étude chez les proportions suivantes de sujets :
Cette différence était significative du point de vue statistique.
En moyenne, les sujets sous GM-CSF ont connu une augmentation plus importante de leurs CD4+ face aux sujets sous placebo, mais la différence n'était pas statistiquement significative.
Une maladie définissant le sida s'est déclarée pendant l'étude chez le nombre suivant de sujets :
Cette différence entre les deux groupes n'était pas significative du point de vue statistique. Il est à noter que les proportions suivantes de sujets avaient une charge virale de moins de 50 copies au moment de s'inscrire à l'étude :
Les proportions suivantes de sujets ont été hospitalisés au cours de l'étude :
Cette différence n'était pas significative du point de vue statistique.
Deux sujets du groupe GM-CSF sont décédés durant l'étude. Le premier s'est suicidé, et le deuxième a succombé à d'autres complications liées au sida. Environ 67 % des sujets des deux groupes étaient encore en vie après un an.
Chose peu surprenante, les sujets sous GM-CSF étaient plus susceptibles de souffrir de fièvres, de douleurs musculaires et de fatigue que les sujets sous placebo.
Dans l'ensemble, les résultats de cette étude laissent croire que l'administration du GM-CSF à raison de deux injections par semaine pendant six mois pourrait être utile à certaines personnes ayant le sida qui reçoivent des nucléosides comme seul traitement anti-VIH. En effet, l'immunostimulant semble aider certains patients à maintenir ou à réduire leur charge virale. Il faut retenir, cependant, que les taux de survie des deux groupes étaient les mêmes après un an de traitement au GM-CSF. Ainsi, la réduction de la charge virale et toute résistance éventuelle au VIH qu'aurait procurée le GM-CSF n'ont pas été avantageuses sur le plan de la survie.
Des études de plus grande envergure sont nécessaires pour évaluer l'effet de ce médicament chez les PVVIH/sida qui s'en servent pendant plus de six mois consécutifs. Ceux et celles qui élaborent ce genre d'étude devront tenir compte de la volonté et de l'aptitude des patients à s'injecter deux fois par semaine sur de longues périodes.
1. Brites C, Gilbert MJ, Pedral-Sampaio D, et al. A randomized placebo-controlled trial of granulocyte-macrophage colony-stimulating factor and nucleoside analogue therapy in AIDS. J Infect Dis 2000 Nov;182(5):1531-5.
20001001
CATF11101
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