
Les personnes sous traitement anti-VIH, notamment celles ayant recours aux analogues nucléosidiques, sont également à risque d'une complication appelée acidose lactique, soit un taux élevé d'acide lactique dans le sang. Il est à noter que l'acidose lactique survient plutôt rarement. En effet, dans le cadre d'une étude menée récemment en France auprès de 800 sujets sous traitement antirétroviral, l'acidose lactique serait survenue chez seulement 1,5 % des sujets. Les cas graves d'acidose lactique peuvent provoquer les signes et les symptômes suivants :
Certains chercheurs sont d'avis que l'acidose lactique se manifeste plus couramment sous sa forme précoce et relativement légère que sous sa forme grave. Des chercheurs à San Diego ont relevé 33 cas de ce qu'ils ont qualifié d'acidose lactique légère chez leurs patients qui avaient utilisé des analogues nucléosidiques pendant deux ans. Le risque de présenter une acidose lactique légère était 14 fois plus élevé chez les patients traités au d4T que chez les patients qui n'avaient pas utilisé pas ce médicament. Ce résultat ne signifie pas pour autant que tous les utilisateurs du d4T courent un risque accru d'acidose lactique. La présence du d4T dans le régime antirétroviral pourrait plutôt dénoter une exposition de plus longue durée aux médicaments puisqu'il arrive souvent de commencer le traitement par l'AZT et le 3TC puis d'y substituer le d4T et le ddI par la suite.
Traitement de l'acidose lactique
Si elle n'est pas traitée, l'acidose lactique peut être fatale. Des chercheurs aux Pays-Bas ont élaboré un protocole en vue d'orienter le traitement des patients atteints d'acidose lactique. En premier lieu, les patients doivent cesser l'usage des analogues nucléosidiques. Ensuite ils doivent subir des perfusions intraveineuses des vitamines du complexe B suivantes :
Les patients reçoivent également en perfusion l'acide aminé L-carnitine à raison de 1000 mg. Tous ces nutriments sont administrés aux patients deux fois par jour jusqu'à ce que le taux d'acide lactique revienne vers la normale. Les chercheurs ont testé leur protocole auprès de six sujets qui utilisaient tous le d4T et(ou) l'hydroxyurée en association avec d'autres nucléosides. Chez les cinq survivants, il a fallu entre quatre et 20 jours de traitement pour que le taux d'acide lactique retrouve un niveau à peu près normal.
RÉFÉRENCES
1. Gerard Y, Yazdanpanah Y, De la Tribonniere X, et al. Early diagnosis of lactic acidosis in HIV-infected adults receiving antiretrovirals: anion gap measurement. Poster 19.
2 .Lonergan JT, Havlir D, Barber E and Mathews WC. Hyperlactatemia associated with clinical manifestations in HIV-infected patients receiving nucleoside analogue combination regimens. Poster 20.
3. Meyer D, Behrens G, Schneider A, et al. Serum-lactate in nucleoside analogue-treated HIV patients correlates with serum-lipids. Poster 52. 4. Brinkman K, Vrouenraets SME, van der Meer J, et al. Treatment of lactic acidosis. Poster 15.
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