
Des médecins à Dijon, en France, se sont aperçus que quatre de leurs patients sous multithérapie antirétrovirale présentaient les symptômes caractéristiques d'un taux réduit d'hormones thyroïdiennes dans le sang, une affection appelée hypothyroïdisme. Les symptômes en question incluaient :
Les médecins ont procédé à une étude afin de relever des cas éventuels d'hypothyroïdisme parmi leurs autres patients sous multithérapie.
Des infirmières ont recruté 207 PVVIH/sida (56 femmes, 151 hommes) âgées en moyenne de 40 ans. Les médecins n'ont pas fourni de détail sur la numération de CD4+ ou la charge virale des sujets, mais des proportions plus ou moins équivalentes d'entre eux en étaient au stade sida ou étaient asymptomatiques. On a effectué des tests sanguins pour mesurer leurs taux d'hormones thyroïdiennes.
Après avoir exclu quatre PVVIH/sida qui étaient atteintes de troubles thyroïdiens avant d'entreprendre la multithérapie, les chercheurs ont relevé 22 cas d'hypothyroïdisme parmi ce groupe (10 %). Dix-huit autres sujets avaient des taux d'hormones thyroïdiennes anormaux mais ne manifestaient aucun signe d'hypothryroïdisme. Aucun cas d'hyperthyroïdisme (taux élevé d'hormones thyroïdiennes) n'a été signalé.
Selon les médecins, les sujets qui présentaient un trouble de la thyroïde recevaient une dose de stavudine (d4T) plus élevée que ceux dont la thyroïde fonctionnait normalement. Cette différence dans l'importance de l'exposition au d4T entre les deux groupes était significative sur le plan statistique. Les chercheurs estiment que le d4T risque d'influer sur la dégradation des hormones thyroïdiennes.
L'hypothèse et les résultats de l'équipe française devront être confirmés par d'autres chercheurs car il est bien possible que l'origine du problème relevé par cette dernière réside ailleurs. Dans TraitementSida 95, par exemple, nous avons fait état d'une étude qui a révélé la faculté du ritonavir à réduire le taux de L-thyroxine, un supplément d'une hormone thyroïdienne. Dans l'attente de plus de clarté à ce sujet, les chercheurs français recommandent un contrôle régulier des taux d'hormones thyroïdiennes chez les patients sous multithérapie, notamment chez ceux traités au d4T.
1. Grappin M, Piroth L, Berges B, et al. Increased prevalence of subclinical hypothyroidism in HIV patients treated with highly active antiretroviral therapy. AIDS 2000;14(8):1070-1072.
2. Tseng A and Fletcher D. Interaction between ritonavir and levothyroxine. AIDS 1998;12(16):2235-6.
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CATF10807
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