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Peut-on restaurer sa forme corporelle en substituant la névirapine aux inhibiteurs de la protéase ?
TraitementSida 108 - 2000 juin Volume 12 Issue 4
Hosein SR
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Situation et résumé

Les inhibiteurs de la protéase (IP) ont influé énormément sur la pandémie du sida en Amérique du Nord en prolongeant la survie des personnes vivant avec le VIH/sida (PVVIH/sida). Ces médicaments sont associés à plusieurs effets secondaires dont les suivants :

La cause précise de ces problèmes n'est pas connue, et ils pourraient être attribuables à plusieurs facteurs. Les modifications de la forme corporelle qui en résultent risquent de déplaire aux personnes touchées. Selon des rapports portant sur un petit nombre de PVVIH/sida, le fait de remplacer une multithérapie à base d'inhibiteur de la protéase par un régime fondé sur un non-nucléoside tel l'efavirenz ou la névirapine provoquerait des effets secondaires moins fâcheux à long terme.

Des chercheurs en Espagne ont conduit une étude sur 138 sujets séropositifs pour évaluer les risques et les bienfaits éventuels de ce genre de substitution. Selon leurs résultats, le nouveau traitement aurait procuré les même bienfaits que l'ancien. Nonobstant cette apparente efficacité, le lecteur devrait prendre en considération plusieurs questions relatives à l'interaction des IP et du système immunitaire avant d'envisager un changement de thérapie. Nous abordons ces questions plus loin dans le présent numéro.

Détails de l'étude

Les médecins ont recruté 138 sujets (11 % de femmes, 89 % d'hommes) pour leur étude. Avant de s'inscrire à l'étude, aucun d'entre eux n'avait utilisé de non-nucléoside (delavirdine, névirapine, efavirenz) et tous maintenaient une charge virale sous la barre des 50 copies depuis six mois. En moyenne, les sujets recevaient un IP en association avec deux nucléosides (AZT, 3TC, etc.) depuis 18 mois environ. Leur numération de CD4+ moyenne était de 641 cellules.

Les chercheurs ont affecté au hasard 104 sujets pour substituer la névirapine à un IP, alors que les 34 autres ont poursuivi leur trithérapie en cours. Les chercheurs ont publié leur analyse après six mois de suivi.

Résultats -- charge virale

Les médecins ont trouvé que les sujets sous IP étaient plus susceptibles de voir leur charge virale atteindre un niveau décelable que les sujets sous névirapine. Voici la proportion de sujets dans les deux groupes qui avaient une charge virale détectable après six mois :

Selon les chercheurs, l'augmentation de la charge virale observée chez les sujets sous IP était attribuable dans 90 % des cas « soit à la toxicité soit à une mauvaise adhérence ». Chez les sujets recevant la névirapine, de tels problèmes ne sont survenus que dans 22 % des cas. Il s'agit d'une différence statistiquement significative, c'est-à-dire non attribuable au seul hasard.

Résultats -- changements dans les taux de lipides

Les chercheurs ont constaté que les taux de cholestérol et de triglycérides dans le sang de tous les sujets se situaient en deçà de l'écart normal pour ces mesures. Ils ont également observé qu'après six mois de traitement par névirapine, environ 50 % des sujets « avaient connu une amélioration, du moins partielle, de leurs anomalies corporelles tandis qu'aucune amélioration n'a été relevée chez les sujets sous IP ».

Résultats -- tendances observées en matière de CD4+

Aucune différence statistiquement significative n'a été observée dans les numérations de CD4+ des deux groupes. Les chercheurs ont tout de même constaté les tendances suivantes :

Cette tendance vers une augmentation des CD4+ chez les sujets sous IP pourrait s'expliquer par le fait que les IP interagissent avec le système immunitaire de manière différente des autres médicaments anti-VIH. De fait, des chercheurs d'Ottawa ont trouvé que les IP empêchaient les cellules CD4+ et CD8+ de s'autodétruire (apoptose). De plus, on a déjà fait état de réponses « discordantes » aux IP dans lesquelles les CD4+ ont augmenté malgré une charge virale à la hausse.

Les données qui ont découlé des six premiers mois de cette étude sont prometteuses. Toutefois, l'analyse qu'aurait permise une étude de plus longue durée aurait été plus utile. De plus, l'obtention de mesures plus sophistiquées et détaillées de la redistribution des graisses corporelles aurait aidé à formuler une analyse objective des changements de la forme corporelle observés chez les patients sous névirapine.

RÉFÉRENCES

1. Barreiro P, Soriano V, Blanco F, et al. Risks and benefits of replacing protease inhibitors by nevirapine in HIV-infected subjects under long-term successful triple combination therapy. AIDS 2000;14(7):807-812.

2. Phenix BN, Angel JB, Mandy F, et al. Decreased HIV-associated T cell apoptosis by HIV protease inhibitors. AIDS Research and Human Retroviruses 2000;16(6):559-567.

3. Goldberg B and Stricker RB. HIV protease and the pathogenesis of AIDS. Research in Virology 1996;147:375-379.

20000601
CATF10801


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