
Une infection prolongée au virus de l'hépatite C (VHC) peut endommager le foie et finir par causer la mort. L'association d'interféron-alpha et de ribavirine a permis le rétablissement d'une proportion atteignant 40% des malades infectés par le VHC.
Ce taux de succès a été observé chez des personnes non infectées par le VIH. Afin d'étudier l'effet de cette association chez des personnes infectées à la fois par le VHC et le VIH, des chercheurs à Paris ont mené une étude auprès de 20 sujets présentant une coinfection (VHC et VIH). Cinquante pour cent de ces sujets se sont remis de leur infection à VHC au bout de six mois de traitement avec l'association interféron et ribavirine. L'association était généralement bien tolérée, bien que certains sujets aient éprouvé des effets secondaires. Des données supplémentaires sur les résultats de cette étude sont fournies à la fin du présent article.
Les chercheurs ont admis à l'étude 20 sujets (trois femmes, 17 hommes) ayant une coinfection à VHC et à VIH. Au début de l'étude, les sujets présentaient les traits suivants :
L'utilisation de médicaments anti-VIH se présentait comme suit :
Tous ont pris les médicaments suivants pendant six mois :
Les taux d'enzymes hépatiques dans le sang sont souvent anormalement élevés lorsque le foie est atteint. Les sujets participant à cette étude présentaient tous des taux élevés des enzymes hépatiques suivantes :
Après trois mois d'administration de la bithérapie anti-VHC, les taux de ces enzymes hépatiques ont baissé de façon marquée. Au sixième mois, les taux d'ALAT avaient en moyenne diminué pour revenir presque à la normale, et les taux d'ASAT avaient diminué de 50%. Les taux de gamma-GT, bien qu'ils aient diminué de façon notable, sont tout de même restés anormalement élevés.
Chez 50% des sujets (que les médecins ont désignés répondeurs), les techniciens ne pouvaient détecter de trace du VHC au sixième mois de l'étude.
Au sixième mois de l'étude, la numération CD4+ moyenne a diminué, passant de 350 à 285 cellules, une baisse significative sur le plan statistique, c'est-à-dire non attribuable au hasard seulement. Cela est sans doute attribuable à la toxicité combinée de l'interféron et de la ribavirine. Les taux de VIH sont restés relativement stables pendant l'étude, et aucun sujet n'a présenté de sida.
Seulement 50% des sujets ont pu se rétablir complètement de leur infection à VHC malgré l'administration de l'association anti-VHC. Aucun des facteurs suivants n'a eu d'effets sur l'efficacité de la bithérapie :
Le facteur le plus important ayant influencé le résultat du traitement était le type de VHC présent chez les sujets. Par exemple, les cinq sujets infectés par le génotype 3a du VHC ont guéri. Par contre, les sujets infectés par les génotypes 1a, 1b et 4 du VHC n'ont pas toujours répondu au traitement.
Les médecins ont signalé que dans l'ensemble, les sujets avaient toléré le traitement. Les effets secondaires suivants ont toutefois été causés par la ribavirine :
Ces effets secondaires ont disparu lorsque les sujets ont cessé de prendre de la ribavirine. Dans deux cas, les médecins ont dû réduire la dose quotidienne de ribavirine à 600 mg à cause des effets secondaires. Les recherches futures sur le traitement du VHC devraient s'orienter ainsi :
1. Landau A, Batisse D, Van Huyen JPD, et al. Efficacy and safety of combination therapy with interferon-alpha2b and ribavirin for chronic hepatitis C in HIV-infected patients. AIDS 2000;14:839-844.
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