
Selon des études menées au début des années 90, les femmes séropositives (VIH) risquent davantage de souffrir de dysplasie cervicale que les femmes séronégatives. On appelle une accumulation de cellules anormales une lésion. Les lésions cervicales dues à la dysplasie peuvent régresser ou disparaître, persister ou évoluer en cancer du col. Un lien causal a été établi entre la dysplasie cervicale et un virus très courant appelé virus du papillome humain (VPH). Il existe plus de 70 types de VPH dont certains provoquent des verrues, y compris les verrues génitales, tandis que d'autres risquent d'entraîner le cancer.
Des chercheurs à New York ont mené une étude de cinq ans auprès de 653 femmes afin de déterminer combien d'entre elles avaient des lésions dans le col utérin.
Les chercheurs ont recruté 328 femmes séropositives et 325 femmes séronégatives aux fins de cette étude. En moyenne, les femmes séropositives présentaient une numération CD4+ de 429 cellules au moment de leur admission à l'étude. Des mesures de la charge virale n'ont pas été effectuées au cours de l'étude. Au début de l'étude, toutes les femmes ont fait l'objet des examens suivants :
Après leur admission à l'étude, les femmes ont subi les examens suivants à intervalles réguliers:
Si une femme avait des résultats anormaux au test Pap, on procédait à un examen du col utérin pour déceler toute lésion. Au besoin, les lésions étaient enlevées et analysées. En moyenne, les femmes séropositives sont restées dans l'étude pendant environ 2,5 ans et les femmes séronégatives, un peu plus longtemps. Soixante-dix pour cent des femmes sont retournées au moins quatre fois pour leurs rendez-vous. Comme l'étude s'est déroulée entre 1991 et 1996, aucune des femmes n'a utilisé d'inhibiteurs de la protéase.
Dans ces deux groupes, les pourcentages suivants de femmes ont eu des lésions dans le col utérin au cours de l'étude :
On a analysé des échantillons des lésions prélevées chez les femmes atteintes de dysplasie cervicale. Les résultats ont été les suivants chez les femmes séropositives :
Les femmes séropositives risquaient tout autant que les femmes séronégatives de faire une dysplasie modérée. Les médecins n'ont trouvé aucun cas de cancer du col utérin au cours de l'étude.
D'après leur analyse des données, les auteurs de l'étude sont parvenus aux conclusions suivantes :
Les chercheurs responsables de cette étude ont trouvé moins de cas de dysplasie que les chercheurs qui ont mené d'autres études dans le domaine. Cette différence s'explique probablement par le fait que les participantes à cette étude ont fait l'objet d'une colposcopie qui a sans doute contribué à réduire les erreurs de classification des lésions.
Les résultats pourront différer chez les femmes séropositives qui ne passent pas régulièrement de tests de dépistage de la dysplasie cervicale. Voici les raisons du risque accru de dysplasie chez les femmes séropositives :
1. Ellerbrock TV, Chaisson MA, Bush TJ, et al. Incidence of cervical squamous intraepithelial lesions in HIV-infected women. Journal of the American Medical Association 2000;283:1031-1037.
2. Petter A, Heim K, Guger M, et al. Specific serum IgG IgM and IgA antibodies in human papillomavirus types 6, 11, 16, 18 and 31 virus-like particles in human immunodeficiency virus-seropositive women. Journal of General Virology 2000;81:701-708.
3. Lowy DR and Schiller JT. Papillomaviruses and cervical cancer: pathogenesis and vaccine development. Journal of the National Cancer Institute Monographs 1998;23:27-30.
20000301
CATF10605
Copyright © 2000 - TreatmentUpdate. Reproduced with permission. Reproduction of this article (other than one copy for personal reference) must be cleared through the Editor, The Canadian AIDS Treatment Information Exchange, 555 Richmond St. West, Suite 505, Box 1104, Toronto, ON, M5V 3B1 • Phone: 416-203-7122 • Toll Free: 1-800-263-1638 • Fax: 416-203-8284 http://www.catie.ca