
Bien que la multithérapie puisse contribuer à diminuer les risques d'infections potentiellement mortelles et de décès chez les personnes vivant avec le VIH/sida, de graves maladies frappent encore les malades qui suivent une multithérapie. Désireux de déterminer quelles PVVIH/sida sont exposées à des infections reliées au sida, même en présence d'une multithérapie, des chercheurs en Suisse ont recueilli des données provenant de près de 2500 sujets. En analysant ces données, les chercheurs ont dégagé plusieurs facteurs qui pourraient aider à déterminer quels sont les malades fortement exposés à des infections menaçant le pronostic vital. Premièrement, le taux de cellules CD4+ au début du traitement pourrait servir à prédire le risque d'infections reliées au sida. Deuxièmement, quelle que soit la numération CD4+ au début du traitement, une augmentation d'au moins 50 cellules et une diminution de la charge virale au-dessous du point repère de 400 copies au bout de six mois réduisent grandement le risque d'infections.
Les chercheurs ont étudié les données recueillies auprès de 2410 sujets qui présentaient les traits suivants au moment de leur admission à l'étude :
Les inhibiteurs de la protéase suivants ont été utilisés chez les proportions suivantes de sujets :
Dans l'ensemble, les chercheurs ont noté une diminution spectaculaire du nombre de complications menaçant le pronostic vital après que les sujets eurent entrepris leur multithérapie. La baisse des infections a été statistiquement significative en ce qui a trait à presque toutes les maladies reliées au sida, à l'exception d'une forme de cancer appelé lymphome non hodgkinien (LNH).
En tout, 143 sujets ont subi 186 infections graves. Les plus fréquentes des maladies reliées au sida ont été les suivantes :
Le lecteur devra noter que même si les risques de maladies reliées au sida ont rapidement diminué pour un grand nombre d'affections, une telle diminution rapide ne s'est pas produite pour les affections suivantes :
La cause en est peut-être la dysfonction immunitaire chronique, malgré le recours à la multithérapie. Ce phénomène n'est pas surprenant, étant donné que des chercheurs en Norvège ont établi que la dysfonction immunitaire causée par l'infection à VIH ne se rétablit pas complètement lorsque la multithérapie est utilisée.
Les chercheurs ont examiné des facteurs qui peuvent influer sur l'apparition de maladies reliées au sida. Après deux ans et demi de multithérapie, il était possible de calculer le risque d'infections en fonction des numérations CD4+ notées chez les sujets au début de l'étude. Voici les résultats de ces calculs :
Les sujets qui ont manifesté une augmentation d'au moins 50 CD4+ après les six premiers mois de traitement et dont la charge virale a diminué sous le point repère de 400 copies couraient un risque considérablement moindre d'infections graves.
1. Stylianou E, Aukrust P, Kvale D, et al. IL-10 in HIV infection: increasing serum IL-10 levels with disease progression-down-regulatory effect of potent anti-retroviral therapy. Clinical and Experimental Immunology 1999;116(1):115-120.
2. Ledergerber B, Telenti A, and Egger M. Risk of HIV-related Kaposi's sarcoma and non-Hodgkin's lymphoma with potent antiretroviral therapy: prospective cohort study. British Medical Journal 1999;319(7201):23-24.
3. Ledergerber B, Egger M, Erad V, et al. AIDS-related opportunistic illnesses occurring after initiation of potent antiretroviral therapy: the Swiss cohort study. Journal of the American Medical Association 1999;282:2220-2226.
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