
Les traitements par association de médicaments anti-VIH, en particulier les inhibiteurs de la protéase, ont grandement réduit l'incidence des maladies reliées au VIH et des décès en Amérique du Nord, en Europe de l'Ouest, en Australie et en Nouvelle-Zélande. Malgré que les traitements par association soient offerts depuis quelques années, de nombreuses questions restent sans réponse, notamment le moment le plus favorable pour entreprendre le traitement, ainsi que la toxicité à long terme des régimes médicamenteux. Certains estiment qu'il convient de recourir à un traitement énergique appliqué tôt.
Or, compte tenu de la compréhension que nous avons maintenant de l'infection à VIH et de la difficulté à trouver une cure, il se pourrait bien qu'une telle approche ne soit pas la plus appropriée.
Afin d'examiner la question du traitement précoce comparativement au traitement différé, des chercheurs en Suisse ont étudié leur base de données qui contenait des renseignements sur plus de 10 000 personnes vivant avec le VIH/sida. Cette base de données a été constituée dans le cadre d'une étude qui est en cours depuis 1988. Les chercheurs ont analysé les données recueillies auprès de plus de 2000 sujets qui avaient suivi une multithérapie. Ce genre de régime comprend habituellement un inhibiteur de la protéase ou un médicament comme la névirapine ou l'efavirenz. Selon leur analyse, le fait de retarder le début de la multithérapie n'a pas augmenté le risque de progression vers le sida sur une période de trois ans.
Les chercheurs ont analysé les données provenant de 2285 sujets qui avaient tous fini par suivre une multithérapie. Au moment de leur admission à l'étude, les sujets présentaient les traits suivants :
Dans l'ensemble, environ 10% des sujets du groupe ont présenté une nouvelle affection reliée au sida au cours de l'étude. Les femmes risquaient tout autant que les hommes de voir leur infection évoluer en sida. En outre, le risque de passer au stade sida était le même chez les utilisateurs de drogue injectable que chez les hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes.
Sur une période de trois ans, les sujets qui avaient fait l'objet d'un diagnostic de sida au moment de leur admission à l'étude risquaient quatre fois plus de présenter une nouvelle affection reliée au sida que ceux dont l'infection à VIH était encore à l'étape asymptomatique, une différence statistiquement significative, c'est-à-dire non attribuable au hasard seulement. Ainsi, les facteurs associés à l'apparition du sida étaient les suivants :
(Les chercheurs n'ont pas publié de précisions sur ces paramètres.)
Fait encore plus important, les chercheurs ont constaté que sur une période de trois ans, le recours à un traitement différé n'avait pas donné lieu à une progression plus rapide de l'infection à VIH. Il sera intéressant de voir si d'autres études parviendront à des conclusions semblables.
Une étude souvent citée, publiée en 1998 dans le New England Journal of Medicine, a établi que la durée de survie des personnes ayant le VIH s'était améliorée depuis l'arrivée des inhibiteurs de la protéase. Cette étude indique aussi que le fait d'attendre que les numérations CD4+ baissent à moins de 100 procure un avantage considérable.
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