
Efavirenz comparé à l'indinavir
TraitementSida 105 - 2000 février ; Volume 12 Issue 1Selon des rapports isolés, certaines personnes ayant le VIH qui présentent une co-infection au virus de l'hépatite B ou C (VHB ou VHC) seraient davantage exposées à des dommages hépatiques lorsqu'elles suivent une multithérapie. Les médicaments administrés dans le cadre d'une multithérapie sont traités par le foie et leur utilisation pourrait constituer un fardeau supplémentaire pour un foie déjà compromis par l'hépatite. Des chercheurs à l'Université Johns Hopkins ont suivi près de 300 sujets ayant le VIH qui présentaient aussi une co-infection à VHB ou à VHC. Ils leur ont prescrit divers schémas posologiques anti-VIH et les ont suivis pendant deux ans afin d'observer les répercussions de la multithérapie sur le foie. D'après leurs résultats, la plupart des sujets ayant depuis longtemps une hépatite chronique ont pu tolérer la multithérapie. Le ritonavir a été le seul médicament associé à de graves dommages au foie.
Les chercheurs ont fourni des détails sur 298 sujets ayant le VIH (75 femmes et 233 hommes), dont environ 54 % étaient des utilisateurs de drogue injectable. Les sujets ont été affectés à deux groupes selon le traitement qu'ils recevaient :
Voici les principales valeurs de laboratoire des sujets qui suivaient une multithérapie :
Voici les principales valeurs de laboratoire des sujets qui prenaient des analogues nucléosidiques seulement :
Bien qu'il existe de nombreuses enzymes hépatiques, les chercheurs ont choisi d'en suivre deux :
Les taux sanguins de ces enzymes hépatiques s'élèvent lorsque le foie est endommagé. Les chercheurs ont donc tenté de détecter les dommages au foie en vérifiant régulièrement si le sang des sujets présentait des teneurs élevées en enzymes hépatiques.
Des dommages graves au foie ont été relevés chez 31 sujets, c'est-à-dire 10 % des 298 participants à l'étude. Chez certains sujets, il n'a fallu que deux mois avant l'apparition d'une toxicité grave au foie, et chez d'autres, cette toxicité a mis jusqu'à cinq mois à faire son apparition. Le délai médian d'apparition de la toxicité au foie était de quatre mois.
Quatre sujets sont décédés dans les 90 jours suivant la détection des lésions hépatiques. Les médecins ont toutefois noté qu'aucun de ces décès n'était attribuable à des troubles liés au foie.
Les chercheurs ont constaté que 88 % des sujets infectés à la fois par le VIH et par le VHB ou le VHC n'ont pas manifesté de dommages hépatiques graves au cours de l'étude.
Les chercheurs ont constaté que près de la moitié des cas de toxicité grave au foie se sont produits chez des sujets qui prenaient du ritonavir. De plus, selon les calculs des chercheurs, les utilisateurs de ritonavir étaient cinq fois plus exposés à des dommages hépatiques que ceux qui ne prenaient pas ce médicament. Les autres inhibiteurs de la protéase - indinavir, nelfinavir et saquinavir - n'ont pas été associés à l'apparition de dommages au foie.
Selon les médecins, ces résultats permettent de conclure qu'il n'y a pas lieu d'hésiter à prescrire un traitement anti-VIH aux personnes séropositives qui souffrent aussi d'une hépatite virale chronique.
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