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Efavirenz comparé à l'indinavir

TraitementSida 105 - 2000 février ; Volume 12 Issue 1
Hosein SR
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Résumé

Bien que l'efavirenz (Sustiva) soit disponible depuis plusieurs années en Amérique du Nord, ce n'est que récemment que son fabricant a publié des résultats détaillés sur son efficacité. Selon les données issues de l'essai 006, l'association efavirenz/AZT/3TC offre une efficacité égale à l'association indinavir/AZT/3TC pour la réduction des charges virales et l'augmentation des numérations CD4+. Les participants à l'étude 006 n'avaient jamais pris d'inhibiteurs de la protéase, d'efavirenz ni de médicaments similaires avant leur admission. Au cours des 48 semaines de l'étude, un moins grand nombre de sujets prenant de l'efavirenz ont abandonné, comparativement à ceux prenant de l'indinavir.

Détails de l'étude

Les chercheurs ont recruté 450 sujets (14 % de femmes, 86 % d'hommes) qui ont été affectés au hasard à l'un des trois groupes qui ont pris les associations médicamenteuses suivantes :

Les médicaments étaient administrés à raison de doses standard sauf dans le groupe recevant l'efavirenz et l'indinavir. Dans ce dernier cas, la dose d'indinavir a été augmentée à 1000 mg aux huit heures. Au moment de leur admission à l'étude, les sujets présentaient en moyenne les résultats suivants en matière de marqueurs biologiques :

Les participants à l'étude n'étaient pas censés avoir déjà pris de 3TC, d'inhibiteurs de la protéase, d'efavirenz, de délavirdine ou de névirapine. Tous savaient quelle association de médicaments ils recevaient.

Résultats - charge virale

À la fin de la 48e semaine de l'étude, les proportions suivantes de sujets des trois groupes présentaient des charges virales inférieures au point repère de 50 copies :

Cet écart dans les charges virales relevées dans le groupe recevant l'association efavirenz/AZT/3TC et dans le groupe prenant l'association indinavir/AZT/3TC était statistiquement significatif.

Les chercheurs ont également examiné les effets des médicaments chez les sujets ayant des charges virales relativement élevées, c'est-à-dire de 100 000 ou plus au début de l'étude. Les proportions suivantes de sujets des trois groupes avaient une charge virale sous le point repère de 50 copies à la fin de l'étude :

Cette différence entre les deux premiers groupes était statistiquement significative.

Résultats - numérations CD4+

Les sujets des trois groupes ont bénéficié, en moyenne, d'augmentations de leurs numérations CD4+ variant de 185 à 201 cellules. Il n'y a pas eu de différences significatives entre les groupes.

Résultats - infections menaçant le pronostic vital

Au dire des chercheurs, le nombre de nouvelles infections reliées au sida était généralement faible. Voici, pour chaque groupe, le nombre de sujets qui ont souffert d'infections :

Ces différences dans le nombre de décès entre les groupes n'étaient pas statistiquement significatives.

Résultats - effets secondaires

Certains effets secondaires ont été significativement plus fréquents chez les sujets recevant la trithérapie comportant de l'indinavir que chez les sujets des deux groupes qui prenaient une association incluant de l'efavirenz. Ces effets secondaires comprenaient les suivants :

Les sujets prenant seulement de l'efavirenz et de l'indinavir ont davantage présenté les effets secondaires suivants :

Deux types d'effets secondaires étaient plus fréquents chez les sujets prenant de l'efavirenz. Le premier type est un rash d'une durée d'environ deux semaines. Selon les médecins, aucun des sujets n'a été atteint d'un rash grave. Les proportions de sujets atteints d'un rash dans les trois groupes ont été les suivantes :

Le deuxième type d'effets secondaires affecte le système nerveux central (SNC), qui est constitué du cerveau et de la moelle épinière. Les proportions de sujets présentant des effets secondaires touchant le SNC dans les trois groupes ont été les suivantes :

Ces différences pour ce qui est des effets secondaires sur le SNC ont étonné les chercheurs et elles sont considérées comme statistiquement significatives. Les symptômes comprenaient les suivants :

Considérations

A. L'association de l'efavirenz et de deux analogues nucléosidiques s'est montrée plus efficace que celle réunissant l'indinavir et deux analogues nucléosidiques.

B. L'efavirenz a été aussi efficace chez les personnes ayant des charges virales de 100 000 ou plus que chez les sujets ayant des charges virales moindres.

C. La plupart des participants à cette étude n'avaient jamais suivi de traitement anti-VIH. Par conséquent, les résultats obtenus au moyen d'une trithérapie comportant de l'efavirenz pourraient différer chez les personnes ayant déjà été exposées à ces médicaments.

D. Il est possible que les meilleurs résultats obtenus avec l'efavirenz s'expliquent du fait que la posologie de l'indinavir est complexe et rend l'observance difficile. Les sujets doivent en effet se rappeler de boire 1,5 L de liquide de plus chaque jour et certains éprouvent de la difficulté à faire la différence entre les goûters et les repas. En outre, il y a la nécessité de prendre l'indinavir selon un horaire strict, toutes les huit heures. Par contraste, l'efavirenz en une seule dose par jour peut devenir une solution intéressante pour certains sujets.

E. Une autre considération tient à la courte durée de cette étude, soit un an. Les résultats auraient peut-être été différents si l'étude s'était poursuivie plus longtemps. De plus, si on avait eu recours à une posologie comportant deux prises quotidiennes d'un inhibiteur de la protéase, au lieu de l'indinavir, on aurait également pu obtenir des résultats différents.

F. Tout n'a pas encore été dit sur l'efavirenz. Une étude d'une durée de deux ans se déroule actuellement, avec l'objectif de comparer la trithérapie comportant l'efavirenz à une association comportant un inhibiteur de la protéase.

RÉFÉRENCE

1. Staszewski S, Morales-Ramirez J, Tashima KT, Rachlis A, et al. Efavirenz plus zidovudine and lamivudine, efavirenz plus indinavir, and indinavir plus zidovudine and lamivudine in the treatment of HIV-1 infection in adults. New England Journal of Medicine 1999;341:1865-1873.

20000201
CATF10504


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