
Approche frapper fort, frapper tôt - un an plus tard
TraitementSida 105 - 2000 février ; Volume 12 Issue 1La multithérapie réussit habituellement à réduire les taux sanguins de VIH et à augmenter les numérations CD4+ chez les personnes infectées par le VIH. En outre, le recours à la multithérapie est associée à une diminution des affections reliées au sida et des décès. L'un des problèmes de la multithérapie est qu'elle ne permet habituellement pas au système immunitaire de constituer des défenses anti-VIH vigoureuses et efficaces. Ce fait a été récemment observé dans le cadre d'une étude américaine au cours de laquelle des sujets qui avaient été traités pendant deux ans avaient interrompu leur traitement, avec le résultat que leurs charges virales ont augmenté de façon significative.
Une équipe de recherche de Boston a mené une étude auprès d'un petit nombre de sujets, et les résultats obtenus permettent de penser que le début d'une multithérapie peu après l'infection à VIH peut aider le système immunitaire à mieux se défendre contre le VIH que si le traitement est entrepris à un stade ultérieur de l'infection. Les résultats d'une autre étude semblent le confirmer, ce qui soulève la question du moment idéal de début du traitement pour les personnes ayant le VIH.
Les chercheurs ont recruté 41 sujets (1 femme, 40 hommes) dont l'infection à VIH était récente. Les sujets ont été répartis en deux groupes :
Les chercheurs ont suivi les deux groupes pendant environ un an. Les médicaments administrés étaient de l'AZT avec du 3TC et de l'indinavir en doses standard.
Au bout de six mois de multithérapie, les charges virales ont diminué à raison de 50 à 53 copies chez la moitié des sujets. Pour l'autre moitié des sujets, les charges virales ont baissé à raison de 53 à 2000 copies. Au 12e mois, tous les sujets prenant une multithérapie présentaient une charge virale inférieure à 50 copies.
Chez les sujets n'ayant pas suivi de traitement, les charges virales sont restées relativement élevées. Au 12e mois de l'étude, les charges virales des sujets de ce groupe allaient de 4000 à 332 000 copies, le point milieu étant de 36 000 copies.
Après 12 mois de multithérapie, les numérations CD4+ variaient de 526 à 1035 cellules, le point milieu étant de 763 cellules.
Au 12e mois, chez les sujets n'ayant pas suivi de traitement, les numérations CD4+ allaient de 134 à 950 cellules, le point milieu étant de 459 cellules.
Cette différence dans les numérations CD4+ des sujets suivant la multithérapie et ceux qui ne suivaient pas de traitement était statistiquement significative.
Au début de l'étude, les cellules T prélevées chez les sujets pouvaient à peine produire une réponse contre les protéines du tétanos et les bactéries lors des essais en laboratoire. Lorsque les techniciens ont par la suite étudié les cellules T provenant de sujets qui avaient suivi la multithérapie, ils ont constaté que les cellules de ces derniers pouvaient répondre à ces protéines aussi bien que dans le cas des personnes non infectées par le VIH. Ce genre de réponse n'a pas été observée chez les sujets qui n'ont pas suivi de multithérapie.
Au début de l'étude, moins de 11 % des sujets avaient des cellules T capables d'attaquer le VIH. Les sujets qui ont suivi la multithérapie ont manifesté un taux d'activité anti-VIH significativement plus élevé que ceux qui n'ont pas suivi la multithérapie.
La réponse des sujets prenant la multithérapie a été associée à la production d'interféron gamma, une substance chimique immunostimulante.
On notera avec intérêt que les cellules T n'ont pas commencé à présenter d'activité anti-VIH significative avant que les charges virales aient diminué sous le point de 50 copies. Quant aux sujets ne prenant pas la multithérapie, ils n'ont à aucun moment au cours de l'étude bénéficié d'une réponse anti-VIH prononcée.
Les résultats de cette étude permettent de penser qu'un traitement précoce contre l'infection à VIH peut accroître les réponses anti-VIH des cellules T. Il faut espérer que ces réponses se maintiendront pendant longtemps et que certains sujets finiront un jour par pouvoir discontinuer leur traitement. Reste à voir si les personnes infectées par le VIH depuis plus longtemps produiront des réponses anti-VIH efficaces. D'autres études éclairciront peut-être cette question.
1. Davey RT, Bhat N, Yoder C, et al. HIV-1 and T-cell dynamics after interruption of highly active antiretroviral therapy (HAART) in patients with a history of sustained viral suppression. Proceedings of the National Academy of Sciences USA 1999;96(26):15109-15114.
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3. Connick E, Lederman MM, Kotzin BL, et al. Immune reconstitution in the first year of potent antiretroviral therapy and its relationship to virologic response. Journal of Infectious Diseases 2000;181:358-363.
4. Malhotra U, Berrey MM, Huang Y, et al. Effect of combination antiretroviral therapy on T-cell immunity in acute human immunodeficiency virus type 1 infection. Journal of Infectious Diseases 2000;181:121-131.
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