
Les feuilles de phytolaque (une plante aussi appelée raisin d'Amérique) renferment une protéine possédant une activité antivirale que l'on nomme PAP. La protéine antivirale de phytolaque peut attaquer les virus herpétiques et le VIH. Lorsque la PAP est jointe à un certain anticorps nommé TXU, elle est transportée vers les lymphocytes T et les macrophages. Ces cellules forment une partie importante du système immunitaire et elles subissent les assauts du VIH. Lorsqu'il s'attache à ces cellules, l'anticorps libère la PAP, qui pénètre dans la cellule. Une fois entrée dans la cellule, la PAP endommage le matériel génétique du VIH et empêche la cellule infectée par le VIH de produire de nouveaux virus. Le TXU-PAP est l'association de l'anticorps et de la protéine. Des chercheurs du Hughes Institute, St. Paul (Minnesota), qui étudient ce produit depuis plusieurs années ont publié les tout premiers résultats d'une étude de courte durée réalisée auprès de sujets infectés par le VIH. Selon leurs données, une perfusion de TXU-PAP peut réduire la charge virale et accroître de façon significative les niveaux de cellules tueuses naturelles (NK), qui sont un type de cellules importantes dans la lutte contre le virus. Il est toutefois évident qu'il faudra procéder à des études plus poussées afin de déterminer à quelle fréquence le médicament doit être pris ainsi que la dose optimale.
Les chercheurs ont inscrit à l'étude neuf sujets adultes ayant le VIH (quatre femmes, cinq hommes). Ces sujets avaient essayé sans succès diverses associations de médicaments anti-VIH. Six des neuf sujets ont accepté de continuer à participer à l'étude et de fournir des échantillons sanguins pour analyses régulières. Les résultats présentés ici sont fondés sur les résultats obtenus par ces six sujets. Au moment de leur admission à l'étude, les sujets présentaient en moyenne une numération CD4+ de 320 cellules et une charge virale d'environ 220 000 copies. Avant de recevoir la perfusion de TXU-PAP, les sujets ont pris Tylenol et l'antihistaminique Benadryl afin de réduire le risque de réactions allergiques et de fièvre. Le personnel infirmier a administré le TXU-PAP à une dose de 5 microgrammes par kilogramme par perfusion dans une veine pendant une heure. Cette dose de TXU-PAP est habituellement considérée comme trop faible pour obtenir une activité anti-VIH soutenue. Cependant, il semble que les chercheurs se soient davantage penchés sur les risques de toxicité de ce produit chez les personnes infectées par le VIH.
Un jour après la perfusion, les charges virales ont considérablement diminué pour la plupart des sujets, de deux logs dans un cas seulement. La charge virale est tombée sous la barre de 500 copies chez un sujet. Compte tenu qu'aucun sujet ne prenait de médicaments antirétroviraux et que les sujets n'ont reçu qu'une seule perfusion de TXU-PAP de faible dose, il semble remarquable que quatre semaines plus tard, les charges virales des sujets aient diminué d'entre 13 % et 50 % par rapport à ce qu'elles étaient avant l'étude.
Les numérations CD4+ ont augmenté chez certains sujets et diminué chez d'autres, de sorte qu'une tendance claire ne s'est pas dégagée. Les taux de cellules NK ont augmenté de façon significative pour l'ensemble des six sujets. En fin de compte, ce résultat pourrait revêtir de l'importance, car les cellules NK peuvent exercer une action anti-VIH. Les chercheurs n'ont pas publié de données sur les numérations CD8+.
La prochaine étape consistera à déterminer si les sujets peuvent tolérer des doses plus fréquentes et plus fortes de TXU-PAP. Une étude en cours prévoit l'administration quotidienne de perfusions de TXU-PAP pendant 10 jours consécutifs.
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