
Les personnes qui vivent avec le VIH/sida courent de plus grands risques de développer certains types de cancer, et plus particulièrement le lymphome non hodgkinien. Les médecins n'ont aucun moyen de prévoir quel patient séropositif présentera ce cancer. Selon une équipe de recherche de l'Université de Californie à Los Angeles (UCLA), une protéine appelée CD27 semble être liée à l'apparition du lymphome non hodgkinien.
Cette découverte ne devrait pas trop surprendre étant donné que de fortes teneurs en CD27 ont été observées dans le sang de personnes souffrant de certaines infections et de maladies auto-immunes (maladies caractérisées par une agression du système immunitaire sur lui-même). Lorsque les cellules libèrent la protéine CD27 dans le sang, on parle de CD27 soluble.
Tout comme un contrôle régulier des taux de CD4+ et de CD8+ peut aider les médecins à mieux prendre soin de leurs patients, le contrôle des taux de CD27 soluble peut les aider à prédire les risques de lymphome non hodgkinien. Par conséquent, les résultats de cette étude de l'UCLA sont très encourageants. S'ils sont confirmés par des chercheurs indépendants, le contrôle de la CD27 soluble pourra s'avérer un progrès majeur dans la prise en charge des personnes vivant avec le VIH/sida.
Des techniciens ont prélevé des échantillons de sang pour mesurer les taux de CD27 soluble chez quatre groupes de sujets :
Plus loin dans cet article, nous présentons les détails des taux de CD27 soluble parmi les quatre groupes de sujets. Les taux de CD27 soluble rapportés représentent le point médian dans chaque groupe. La moitié des sujets de chaque groupe avaient donc des taux inférieurs à ce chiffre et l'autre moitié des taux supérieurs. Les taux de CD27 soluble sont indiqués en unités par millilitre (U/ml).
En analysant les données, les chercheurs ont découvert que les taux de CD27 soluble étaient deux fois plus élevés chez les personnes qui développèrent plus tard un lymphome que chez les sujets vivant avec le sida qui n'ont pas présenté ce cancer. Cette différence a paru significative sur le plan statistique; c'est-à-dire non attribuable au hasard seulement.
Après examen des données, les chercheurs ont établi un point repère de 500 U/mL pour les aider à calculer le risque de développer un lymphome non hodgkinien. Ils ont découvert que les sujets chez qui les taux de CD27 soluble étaient supérieurs à 500 couraient 13 fois plus de risques d'avoir un lymphome que les sujets dont les taux n'étaient pas si élevés. Cette différence a également paru significative sur le plan statistique.
L'origine des taux élevés de CD27 soluble n'est pas claire pour les chercheurs. Ils soupçonnent deux raisons éventuelles :
Il sera nécessaire de pousser les recherches pour confirmer et approfondir les résultats de l'étude de l'UCLA.
1.Franceschi S, Dal Maso L and La Vecchia C. Advances in the epidemiology of HIV-associated non-Hodgkin's lymphoma and other lymphoid neoplasms. International Journal of Cancer 1999;83(4):481-485.
2. Widney D, Gundapp G, Said JW, et al. Aberrant expression of CD27 and soluble CD27 (sCD27) in HIV infection and in AIDS-associated lymphoma. Clinical Immunology 1999;93(2):114-123.
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