
Du personnel infirmier à Londres, Angleterre, a recruté neuf hommes aux fins de cette étude. Au début de l'étude, les principaux marqueurs biologiques avaient les valeurs suivantes:
Aucun des sujets ne souffraient de symptômes du sida. Les techniciens ont prélevé des échantillons sanguins chez les sujets plusieurs fois avant et après la multithérapie. En plus d'analyser les échantillons sanguins pour établir les numérations CD4+ et celles des autres cellules, les techniciens ont également recherché certaines cytokines, et plus particulièrement l'interféron-gamma (IFN-) et l'interleukine-2 (IL-2).
Selon les chercheurs, la charge virale de huit sujets est tombée sous le point de repère de 500 copies dans les quatre premières semaines du traitement. La charge virale du dernier sujet a pris huit semaines pour en arriver à ce point, probablement parce qu'elle se situait à un million de copies au début de l'étude. Les numérations CD4+ sont demeurées stables ou ont augmenté au cours de l'étude.
Avant le début de la multithérapie, la production d'IFN- et d'IL-2 chez les sujets à l'étude était faible et les taux de ces cytokines étaient bas ou indécelables. Par contre, les taux des cytokines IL-4 et IL-10 étaient plus élevés. Les techniciens ont découvert que lorsque seules les cytokines IL-4 et IL-10 étaient décelables, les numérations CD4+ étaient généralement plus basses, se situant en moyenne à 160 cellules. Par contre, la charge virale de ces mêmes sujets avait tendance à être plus élevée, pour une moyenne de 100 000 copies, que chez les sujets qui produisaient davantage de cytokines que l'IL-4 et l'IL-10. En fait, parmi les sujets chez qui l'IFN- ne pouvait être décelée, les numérations CD4+ étaient plus élevées et la charge virale plus basse, avec des moyennes de 450 cellules et d'environ 44 000 copies, respectivement. Ces différences dans les numérations CD4+ ont paru significatives sur le plan statistique; c'est-à-dire qu'elles n'étaient vraisemblablement pas attribuables au hasard seulement. Les différences observées dans la charge virale n'ont pas paru significatives sur le plan statistique.
Après le début de la multithérapie, la charge virale des sujets a chuté et la production d'IFN-gamma et d'IL-2 a augmenté de façon significative. Bien que certains sujets aient continué à produire des taux relativement élevés d'IL-4 et d'IL-10, dans l'ensemble, la tendance était vers une production plus élevée d'IFN-gamma et d'IL-2. En analysant les données, les chercheurs ont découvert qu'au fur et à mesure que les taux d'IFN- baissaient, la charge virale baissait elle aussi de façon significative. L'augmentation du nombre de CD4+ semblait liée aux taux croissants d'IL-2.
Les résultats de cette étude sont importants parce qu'ils documentent des changements dans les taux de cytokines qui avaient été prédits par certains chercheurs. Les résultats associant la production d'IFN-gamma à des numérations CD4+ accrues avant le recours à la multithérapie sont très importants. Les médecins et leurs patients peuvent désormais examiner d'autres thérapies, complémentaires ou pharmaceutiques, d'un oeil plus critique, et se renseigner sur leur impact sur le système immunitaire. Les thérapies qui ne donnent pas lieu à une réponse utile (taux accrus d'IFN- et d'IL-2) n'aideront vraisemblablement pas le système immunitaire à maîtriser le VIH.
1. Imami N, Antonopoulos C, Hardy GAD, et al. Assessment of Type 1 and Type 2 cytokines in HIV Type-1-infected individuals: impact of Highly Active Antiretroviral Therapy. AIDS Research and Human Retroviruses 1999;15(17):1499-1508.
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