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Carence en vitamine E au stade précoce de l'infection par le VIH

TraitementSida 87: 1998 mai; Volume 10, Issue 3
Hosein, SR click here for english language version of article

Situation et résumé

Chez les personnes qui vivent avec le VIH/sida, l'intestin est fréquemment attaqué par des parasites et même par le VIH. Sous l'effet de ces attaques, il perd de son efficacité à absorber les éléments nutritifs, donnant lieu, et ce n'est pas surprenant, à des carences vitaminiques et minérales. L'infection par le VIH donne également lieu à un stress sur le système de défense par antioxydants du corps et, vraisemblablement, à une augmentation du besoin en antioxydants tels que la vitamine C et la vitamine E.

Les chercheurs aux États-Unis ont documenté une carence en vitamine E chez environ 22% des sujets inscrits à leur étude. Ils ont également constaté, dans le cadre de leur suivi d'un an, que les taux de vitamine E avaient chuté. Étant donné le rôle important que joue ce nutriment dans la protection des cellules contre les produits chimiques dangereux, ainsi que dans l'amélioration de la réponse du système immunitaire face aux infections, les personnes vivant avec le VIH/sida bénéficieront sans doute d'un supplément de vitamine E.

D étails de l'étude

Il s'agissait d'une étude à deux volets. Pour le premier, les chercheurs ont recruté 121 adultes infectés par le VIH (15 femmes et 106 hommes), dont la numération moyenne de CD4+ s'établissait à 463 cellules, afin d'établir le taux de vitamine E présent dans leur sang. Dans le cadre du deuxième volet, les chercheurs ont surveillé 42 sujets pendant un an pour contrôler leur taux sanguin de vitamine E. Aucun sujet ne prenait plus de 10 mg de vitamine E par jour.

Résultats -- partie 1

Lors de l'analyse des échantillons sanguins prélevés chez les 121 sujets, les chercheurs ont constaté que le taux sanguin moyen de vitamine E était de 9 µg/mL, soit à peu près au milieu de la gamme des valeurs normales (5 µg à 18 µg), selon leur laboratoire. D'autres analyses ont permis de constater que 22% des sujets avaient un taux sanguin de vitamine E inférieur à 5 µg/mL, indiquant une carence. Cette carence ne semblait pas liée à la numération des cellules CD4+, ni à l'âge.

Résultats -- partie 2

Après 1 an de suivi, les chercheurs ont constaté une baisse de près de 40% du taux sanguin moyen de vitamine E relevé chez les 42 sujets étudiés. Cette baisse était significative du point de vue statistique, c'est-à-dire qu'elle n'était vraisemblablement pas due au hasard seul. Pendant ce temps, la numération moyenne de CD4+ chez ces personnes avait baissé significativement, de 461 à 391 cellules.

Cette étude n'est pas la première à documenter une carence en vitamine E chez les personnes vivant avec le VIH/sida. Étant donné le stress qu'impose l'infection par le VIH sur le système de défense par antioxydants, le besoin en vitamine E est souvent accru. Chez des souris infectées par un rétrovirus causant le sida, les suppléments de vitamine E ont rétabli certaines réactions immunitaires inhibées par le virus. La vitamine E peut également protéger les cellules CD4+ contre une mort inutile. Les schémas posologiques d'appoint nutritionnel pour les PVVIH/sida recommandent dans bien des cas un minimum de 200 à 400 UI de vitamine E par jour.

RÉFÉRENCES:

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CATF8706


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