
Seulement 20% environ de l'acyclovir pris par voie orale atteint le système sanguin. Le valaciclovir a été mis au point pour contrer ce problème. Après avoir été absorbé par l'organisme, le valaciclovir est transformé en acyclovir, et on obtient des taux sanguins de 3 à 4 fois plus élevés qu'avec l'acyclovir. Les taux ainsi obtenus devraient pouvoir exercer une activité contre le CMV, et des chercheurs ont mené un essai clinique pour vérifier cette hypothèse. Dans cette étude, des personnes ayant le sida ont pris du valaciclovir à raison de 8 g/jour, tandis que d'autres ont pris de l'acyclovir à raison de 3,2 g/jour ou de 800 mg/jour. En analysant les données, les chercheurs ont constaté que les sujets qui prenaient du valaciclovir risquaient moins d'être atteints du CMV dans une proportion de 33% par rapport aux sujets qui prenaient l'acyclovir. Malheureusement, les sujets qui prenaient du valaciclovir avaient aussi un taux de mortalité plus élevé que ceux qui prenaient l'acyclovir. Peut-être que la dose de valaciclovir était tout simplement trop forte.
Les chercheurs ont inscrit à l'étude 1227 sujets adultes ayant le sida; 94% étaient de sexe masculin. Au moins la moitié d'entre eux présentaient une numération CD4+ de 32. Environ 50% des sujets avaient déjà été atteints d'une infection par le virus de l'herpès (zona ou lésions buccales/génitales) et environ le quart avaient fait une PPC pneumonie à Pneumocystis carinii) avant leur admission à l'étude. Certains sujets ont pris du valaciclovir à raison de 2 g 4 fois par jour, et d'autres ont pris de l'acyclovir à une dose de 3,2 g/jour ou de 800 mg/jour.
Au moins la moitié des sujets ont été suivis pendant environ un an. Quinze pour cent ont manifesté des complications attribuables à l'infection par le CMV. Cette situation risquait davantage de se produire chez les sujets qui avaient moins de 50 CD4+ . En ce qui a trait aux médicaments utilisés dans cette étude, 12% des sujets qui ont pris le valaciclovir ont subi des effets de l'infection par le CMV, comparativement à 18% de ceux qui ont pris l'acyclovir. Le valaciclovir a donc permis une réduction de 33% dans la progression de l'infection par le CMV.
La plupart des cas (80%) de CMV étaient des cas de rétinite à CMV. Venaient ensuite les cas de complications intestinales. Il n'y avait aucune différence dans le nombre de sujets qui ont présenté un zona, des lésions herpétiques ou le sarcome de Kaposi entre les deux sous-groupes de l'étude (valaciclovir ou acyclovir).
Dans l'ensemble, 40% des sujets sont décédés pendant la période d'observation. Voici les taux de décès pour les sous-groupes de l'étude :
Selon une analyse, «la survie a été moindre de façon significative chez ceux qui ont pris le valaciclovir, comparativement aux sujets des deux autres groupes». Il n'y avait pas de différence significative dans les taux de survie entre les deux sous-groupes prenant l'acyclovir, ni entre les groupes prenant l'acyclovir à fortes doses ou du valaciclovir.
La «cause la plus fréquente de décès dans le cas de 44 patients (9%) a été un lymphome non hodgkinien. Parmi les autres causes de décès, il y a eu celles-ci» :
Le CMV a été la principale cause de décès pour seulement 3,3% des sujets.
«Les sujets prenant le valaciclovir se sont plaints de troubles gastrointestinaux plus tôt et plus souvent que les sujets des sous-groupes prenant l'acyclovir et ce, dans des proportions significatives.» Les personnes qui prenaient le valaciclovir étaient susceptibles d'abandonner l'étude plus tôt que celles qui prenaient l'acyclovir. Il est intéressant de constater que 18 sujets ont présenté un ou plusieurs des troubles suivants :
Au dire de certains des médecins responsables de l'étude, ces troubles pourraient indiquer une MAT (microangiopathie thrombotique), et ils étaient significativement plus répandus chez les sujets traités au valaciclovir que chez ceux qui ont pris l'acyclovir. Toutefois, ils n'ont pu trouver d'explication précise.
À la dose administrée aux fins de cette étude, le valaciclovir agit contre le CMV, mais il n'offre pas une protection complète contre les complications causées par ce virus. Les personnes qui prenaient le valaciclovir ont tout de même subi les effets du CMV, bien qu'à un degré moindre que les sujets qui n'utilisaient pas le médicament. Il semble que les personnes qui prenaient le valaciclovir aient eu des chances de survie moindres que celles qui prenaient l'acyclovir. Quelques utilisateurs de valaciclovir semblaient également plus à risque de subir des complications affectant les reins et la moelle osseuse. Ce qui se dégage clairement, c'est qu'aux doses utilisées dans cette étude, le valaciclovir comporte des risques prononcés pour les personnes ayant le sida.
1. Feinberg JE, Hurwitz S, Cooper D, et al. A Randomized, double-blind trial of valaciclovir prophylaxis for cytomegalovirus disease in patients with advanced Human Immunodeficiency Virus infection. Journal of Infectious Diseases 1998;177:48-56.
2. Bell WR, Chulay JD, Feinberg JE. Manifestations resembling thrombotic microangiopathy in patients with advanced Human Immunodeficiency Virus (HIV) Disease in cytomegalovirus prophylaxis trial (ACTG 204). Medicine 1997;76(5):369-380.
19980301
CATF8505
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