
Un rapport sur la IXe Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes
La multithérapie antirétrovirale fortement active a réduit spectaculairement le nombre de décès liés au sida en Amérique du Nord et en Europe de l'Ouest. Malgré cette efficacité, certaines personnes séropositives vivant dans ces régions présentent encore de graves complications. Il est donc important que les patients sous multithérapie soient suivis à long terme afin qu'on puisse déterminer ce qui suit :
Dans cet article, nous rendons compte des travaux menés par des chercheurs aux National Institutes of Health (NIH) et ailleurs aux États-Unis qui se sont penchés sur ces questions.
Les chercheurs ont analysé des données recueillies auprès de 3 227 sujets séropositifs qui avaient participé à des essais cliniques menés entre 1996 et 2001. Les sujets avaient le profil suivant :
En moyenne, les sujets avaient été suivis pendant 18 mois environ et avaient commencé à suivre une multithérapie après s'être inscrits à un essai clinique.
L'analyse des données a été en partie fondée sur la collecte d'informations sur le nombre de « complications liées au sida », tels que des infections liées au VIH. Les chercheurs ont également recueilli des données portant sur la survenue de complications potentiellement mortelles (qualifiées de complications de 4e degré). Parmi les complications de ce genre, mentionnons des dommages à la moelle osseuse, une inflammation du pancréas, des problèmes hépatiques, etc. L'analyse des données a permis aux chercheurs de constater ce qui suit :
L'expression de ces données en termes de pourcentage donne ce qui suit :
Ainsi, des complications de 4e degré se sont produites deux fois plus souvent que des maladies liées au sida.
Après 30 mois environ, à peu près 10 % des sujets étaient décédés. Le risque de décès associé à une maladie liée au sida et celui lié à une complication de 4e degré étaient comparables, ce qui confirme la gravité de ce genre de complication. Le risque de développer le sida était relativement faible (6 %) chez les PVVIH/sida ayant plus de 200 cellules CD4+, mais le risque de présenter une complication de 4e degré était quatre fois plus élevé (26 %).
Les complications de 4e degré les plus courantes ont été des problèmes de foie liés à l'infection par un virus de l'hépatite. D'autres problèmes couramment signalés ont compris les suivants :
Malheureusement, les chercheurs n'ont pas réussi à expliquer les causes des complications de 4e degré rapportées. Il est, en effet, important de se rappeler que plusieurs facteurs peuvent jouer un rôle dans la survenue de ce genre de complication, dont :
Les chercheurs n'ont pas réussi à faire de lien entre des combinaisons de médicaments anti-VIH spécifiques et la survenue de complications de 4e degré.
Cette étude d'envergure menée aux États-Unis souligne la nécessité de mener d'autres recherches minutieuses à long terme pour déterminer l'effet de différentes thérapies sur la survie et le risque d'effets indésirables graves (complications de 4e degré). De telles recherches nous permettraient de mieux éclairer les risques et les avantages éventuels de combinaisons de médicaments anti-VIH spécifiques.
RÉFÉRENCE
Reisler R, Han C, Burman W, et al. Incidence of grade IV events, AIDS and mortality in a large multicenter cohort receiving HAART. Abstract 36.
20020319
CATF-N20020303
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