
MÉXICO, 1 août 2008 (AFP) - Nombreux des milliers de séropositifs qui arrivent à Mexico pour participer à partir de dimanche à la conférence mondiale sur le sida préfèrent l'anonymat, inquiets des conséquences d'une exposition médiatique dans leur pays d'origine.
"Beaucoup ont dit à leur famille ou à leur employeur qu'ils partaient en vacances, ils ont peur de dire qu'ils vont participer à une conférence sur le sida", dit à l'AFP Manuel da Quinta, un portugais séropositif depuis 13 ans qui travaille au service de presse d'ONUSIDA à Genève.
Tandis que Manuel s'occupe des journalistes dans les couloirs d'une réunion à huis-clos de patients dans un grand hôtel de Mexico, les autres participants fuient la presse.
Anastasia, une Russe de 32 ans, également employée de l'Onu, accepte les interviews et les photos, mais à la condition qu'elles ne soient pas diffusées à Moscou.
Manuel da Quinta se charge de demander aux participants s'ils veulent bien rencontrer les journalistes. "Dans mon cas je n'ai pas trop souffert de la discrimination. En Europe c'est diffèrent, mais en Amérique latine c'est toujours très dur, en raison de la culture, de l'Eglise catholique. Ici tout est honte, honte d'être homosexuel, prostituée, d'avoir le sida", explique-t-il.
Auguste Dokla, président d'un réseau de séropositifs au Togo, raconte qu'ils n'ont jamais accès à la radio ou à la télévision et que lorqu'ils appellent à manifester dans la rue pour obtenir des médicaments, c'est du bouche à oreille".
"Cela a été très dur", commente Javier Gonzalez, un mexicain de 50 ans diagnostique séropositif il y a trois ans, qui a du affronter un double défi d'annoncer à sa famille qu il était bisexuel et malade du sida.
Aujourd'hui, "ma famille m'appuie ainsi que mes deux enfants, mais il y a encore des médecins qui nous traitent avec mépris, qui ne veulent pas nous toucher, alors qu'ils travaillent dans une clinique destinée aux malades du sida", dit-il .
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