
PEKIN, 30 juil 2008 (AFP) - A quelques jours de l'ouverture des jeux Olympiques de Pékin, la Chine n'est pas revenue sur son interdiction d'entrée pour les personnes contaminées par le virus VIH, dénoncée comme discriminatoire par de nombreuses associations.
Les visiteurs sont toujours tenus de déclarer s'ils sont porteurs du VIH lors de leur demande de visa, comme l'indiquent les formulaires publiés sur le site du ministère des Affaires étrangères, s'exposant à un refus d'entrée pur et simple.
A titre d'exemple, la star américaine du basketball Earvin "Magic" Johnson ne pourrait pas se rendre en Chine en tant que touriste, 17 ans après avoir annoncé sa séropositivité et 16 ans après que sa "Dream Team" eut remporté l'or à Barcelone (1992).
En novembre, le ministère chinois de la Santé avait pourtant fait savoir que le gouvernement souhaitait revenir sur ces dispositions. Mais il s'est contenté, la semaine dernière, d'annoncer la levée d'un autre type d'interdiction médicale, celle jusqu'alors faite aux lépreux, décevant les organisations militant contre la discrimination anti-sida.
"Cela reste une bataille à mener", a commenté pour l'AFP Connie Osborne, chargée du dossier VIH-sida au sein de l'Organisation mondiale de la Santé en Chine.
Cette médecin zambienne avait espéré que la Chine réviserait sa position sur cette "question sensible" avant les Jeux, jugeant cruciale toute mesure de nature à diminuer l'ostracisme dont sont victimes les malades chinois.
"Si l'on ne s'occupe pas de la discrimination, les gens à risques ou peut-être contaminés disparaissent" des statistiques et du réseau de suivi médical, ajoute-t-elle.
Connie Osborne estime néanmoins que la Chine a réalisé d'importants progrès sur d'autres fronts, notamment la sensibilisation au niveau local et même la qualité des soins dans les provinces les plus affectées comme le Henan et le Yunnan.
"Nous voyons de plus en plus de prise de conscience à l'échelon local, alors qu'avant, seul le gouvernement central s'en préoccupait", dit Mme Osborne, en poste depuis plus de trois ans.
Mais la Chine pourrait bien être montrée du doigt, comme tous les autres pays restreignant les voyages des porteurs du VIH, lors de la conférence internationale sur le sida de Mexico qui s'ouvre dimanche et se termine le jour du coup d'envoi des Jeux de Pékin (8-24 août).
Actuellement, 67 nations sont dotées de lois restreignant l'entrée sur leur sol des séropositifs ou des malades.
La Chine demande même aux étrangers désireux d'obtenir une autorisation de résidence de subir des tests de détection.
Mais en cet été 2008, athlètes et membres des délégations devraient échapper à la déclaration obligatoire.
"Les membres de la famille olympique atteints du sida pourront néanmoins venir à Pékin", a affirmé à l'AFP Zhu Jing, une porte-parole du comité d'organisation des jeux de Pékin.
Ni le ministère de la Santé ni celui des Affaires étrangères n'ont souhaité s'exprimer sur ce sujet.
Fin 2007, quelque 700.000 personnes étaient séropositives en Chine, selon les statistiques chinoises établies avec l'OMS et les Nations unies.
Les militants estiment cependant que ce nombre pourrait être jusqu'à dix fois plus élevé.
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