
NEW YORK (Nations unies), 10 juin 2008 (AFP) - Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a demandé mardi l'arrêt des restrictions imposées par certains pays à l'entrée sur leur territoire des porteurs du virus du sida.
"J'appelle au changement des lois qui maintiennent la stigmatisation et la discrimination, y compris les restrictions imposées à la mobilité des personnes vivant avec le sida", a-t-il déclaré à l'Assemblée générale de l'ONU.
Il s'exprimait lors d'une conférence de trois jours sur les progrès faits en matière de lutte contre le virus VIH responsable du sida, en présence de représentants des sociétés civiles.
"Je fais partie de ceux qui vivent avec le VIH et en révélant ma séropositivité, je prends le risque de me faire bannir de ce pays et de 70 autres dans le monde", a déploré Ratri Suryadarma, activiste indonésienne.
Une lettre signée par 345 ONG a été envoyée aux chefs d'Etat et aux ambassades des pays concernés pour les exhorter à lever ces restrictions.
"Plus de 70 gouvernements, dont les Etats-Unis, la Chine, la Corée du Sud, Singapour et une majorité des pays du Proche-Orient, ont été exhortés à lever les restrictions aux déplacements des personnes vivant avec le VIH", indique un communiqué du groupe d'ONG.
D'après le programme commun des Nations unies sur le sida (Onusida), 74 pays appliquent des mesures spéciales aux porteurs du VIH, notamment l'indication de la maladie sur le passeport, 12 empêchent l'entrée sur le territoire, souvent en invoquant des raisons de santé publique et de coût des traitements.
Ces 12 pays, selon Onusida, sont l'Arabie saoudite, l'Arménie, la Colombie, la Corée du sud, les Etats-Unis, l'Irak, Oman, le Qatar, la Russie, les îles Salomon, le Soudan et le Yémen.
Innocent Laison, membre de l'ONG sénégalaise Africaso, dénonce de telles démarches. Il note que les pays qui restreignent l'entrée des porteurs du VIH ne limitent pas la sortie de leurs propres ressortissants vivant avec le sida. "Si l'on applique la réciprocité, alors on se rend compte de cette absurdité", dit-il.
Le président salvadorien Elias Antonio Saca, qui a levé ce type de restriction depuis quatre ans, a appuyé la demande des ONG.
"Je fais un appel à la communauté internationale et à tous les gouvernements du monde pour que nous éliminions les murs et les barrières qui restreignent le libre transit des personnes vivant avec le VIH", a-t-il déclaré.
"Nous ne permettrons pas que se poursuivent la stigmatisation et la discrimination contre les malades du sida", a-t-il insisté.
Anthony S. Fauci, directeur de l'institut national des maladies infectieuses du département de la santé des Etats-Unis et spécialiste du sida, a insisté sur le besoin capital de la prévention et de la poursuite de la recherche. Il a rappelé que le sida a été découvert il y a 27 ans et que des fonds considérables sont encore nécessaires pour lutter contre l'épidémie.
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