
LOS ANGELES, 2 mars 2008 (AFP) - La clinique de Las Vegas au coeur d'un scandale sanitaire qui va contraindre 40.000 personnes à se faire dépister du virus de l'hépatite et du sida a été fermée par la mairie de la grande ville du Nevada (ouest), a-t-on appris dimanche auprès de la municipalité.
"Le Centre d'endoscopie du Nevada du sud a reçu la notification de la suspension de sa licence commerciale", a précisé la mairie dans un communiqué, rappelant que les pratiques de l'établissement étaient "bien inférieures aux critères médicaux acceptables".
Jeudi, les autorités du Nevada avaient invité quelque 40.000 personnes à se faire dépister des virus de l'hépatite B, C et du sida après la mise au jour de "méthodes à risques" du Centre.
Selon le département de la Santé du Nevada du sud, une enquête, déclenchée après la découverte de six cas d'hépatites aiguës parmi d'anciens patients de cet établissement, "a mis en évidence la réutilisation de seringues" et "l'utilisation de doses individuelles d'anesthésiant sur plusieurs patients".
De son côté, le procureur du comté de Clark, dont Las Vegas est le chef-lieu, a indiqué que son bureau n'excluait pas de lancer des poursuites criminelles contre les responsables de la clinique, notamment pour négligence ou mise en danger de la vie d'autrui.
"Cela n'arrivera pas demain ou le jour d'après, mais nous regardons avec soin et avec diligence tous les faits bruts dans cette affaire", a déclaré David Roger, cité par la télévision KLAS-TV.
La chaîne a par ailleurs affirmé que quatre cabinets d'avocats avaient déjà commencé à recueillir les dossiers d'anciens patients du centre, pour ce qui pourrait devenir une plainte au civil en nom collectif ("class action") de grande ampleur.
Selon le département sanitaire, les méthodes "à risque" de la clinique se sont étalées sur près de quatre ans. C'est surtout l'hépatite C qui risquait d'être transmise par l'utilisation des mêmes seringues.
Mais l'administration a aussi préconisé "un dépistage de l'hépatite B et du VIH, car ces deux maladies peuvent être transmises via les mêmes méthodes à risque d'injection (...) toutefois, le risque de transmission d'hépatite B et du VIH est plus faible, et aucun cas d'hépatite B ou de VIH n'a été identifié", avait-elle annoncé jeudi.
La clinique n'avait pas expliqué comment son personnel avait pu utiliser, et pendant si longtemps, des méthodes en violation avec toutes les règles sanitaires ou de bon sens.
"Nous voulons exprimer notre profonde préoccupation aux nombreux patients qui ont placé leur confiance en nous pendant toutes ces années (...) nous avons pris des mesures pour que (ces faits) ne se reproduisent plus jamais", avaient déclaré des représentants de l'établissement.
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