
PARIS, 19 fév 2008 (AFP) - La situation des femmes de l'Outre-mer français face au risque de sida semble particulièrement difficile, selon la revue Médecine-sciences, à paraître le 8 mars, journée internationale des femmes.
Si les femmes sont plus vulnérables que les hommes à l'épidémie, faute de pouvoir toujours imposer l'usage du préservatif, leur situation est pire dans les départements français d'Amérique (DFA), surtout en Guyane.
Dans les DFA, l'épidémie est particulièrement active, avec un nombre de nouveaux cas, sur la période 2003-2005, "près de sept fois plus élevé qu'en métropole", et quatre fois plus élevé en Guyane que dans les deux autres départements, Martinique et Guadeloupe.
48% des personnes atteintes du sida dans ces départements sont des femmes (38% en France), 36% en Guadeloupe et 59% en Guyane, où la transmission est majoritairement hétérosexuelle.
Il s'agit de départements où "la différenciation sexuelle est particulièrement marquée, sur un mode de domination masculine", note l'étude qui leur est consacrée.
Les femmes, qui, notamment en Guyane, sont victimes du multipartenariat de leur partenaire, ont moins la maîtrise de la prévention que les hommes, même si le préservatif a été ces dernières années plus utilisé.
En Océanie, les femmes canaques de Nouvelle-Calédonie sont victimes, selon des chercheurs, de "la combinaison de facteurs qui tiennent à l'histoire coloniale, aux inégalités sociales, aux normes et aux violences de genre au sein de leur communauté", qui "hypothèquent la capacité des femmes kanakes à négocier les actes sexuels et à se protéger".
Selon l'étude, une Canaque sur huit déclare un premier rapport sexuel forcé.
Quant aux préservatifs, la moitié des femmes sexuellement actives en Nouvelle-Calédonie n'en ont jamais utilisé. Un certain nombre d'entre elles, surtout des rurales, considèrent que le préservatif est "une affaire d'hommes".
Ce numéro spécial réalisé pour un colloque mardi de l'Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites virales (ANRS) sera publié le 8 mars, à l'occasion de la Journée internationale des femmes.
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