
RIO DE JANEIRO, 14 fév 2008 (AFP) - Près de la moitié (43,7%) des cas de sida sont diagnostiqués tardivement au Brésil et dans près d'un tiers (28,7%) de ces cas, le malade meurt au début du traitement, a annoncé jeudi le ministère de la Santé.
Ces statistiques qui concernent 115.411 patients de plus de 15 ans, diagnostiqués ou ayant commencé un traitement entre 2003 et 2006, ont été élaborées pour un rapport qui a été remis à l'ONU.
Selon la responsable du Programme de lutte contre le sida, Mariangela Simao, "43,7% des cas ont été diagnostiqués quand la personne souffrait déjà d'une déficience immunitaire sévère ou présentait des symptômes de la maladie et dans 28,7% des cas, le malade est mort en début de traitement".
"Dans un pays comme le Brésil où l'on a accès au diagnostic et au traitement gratuits, ces données sont inacceptables", a souligné Mme Simao au cours d'une conférence de presse.
C'est dans les régions pauvres du Nord et du Nord-Est du Brésil que la situation est la pire. En Amazonie le taux de diagnostic tardif est de 53,3% et de 48,1% dans le Nord-Est. Le gouvernement et les ONG attribuent ce problème aux préjugés à l'égard de la maladie dans ces régions.
"Les gens redoutent le diagnostic", a déploré José Carlos Veloso du Groupe de soutien à la prévention du sida.
Le responsable du programme de l'ONU pour le sida, Pedro Chequer, a souligné que le Brésil était considéré comme un modèle en matière de politique de prévention avec la distribution massive et gratuite de préservatifs et parce que depuis 1996 il offre un traitement gratuit à toutes les personnes infectées par le VIH.
En 2007, le gouvernement brésilien a acheté un milliard de préservatifs, soit 25% de la production mondiale.
Au Brésil où 32% de la population (environ 186 millions d'habitants) a déjà subi un test du sida au moins une fois et où 65,8% des jeunes utilisent un préservatif au début de leur vie sexuelle, on estime à 600.000 le nombre de séropositifs, un chiffre qui se stabilise.
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