
BUCAREST, 5 déc 2007 (AFP) - Plusieurs dizaines de malades du sida ont manifesté mercredi à Bucarest pour demander à l'Etat roumain de reconnaître sa responsabilité pour leur contamination, dans des hôpitaux ou des orphelinats, notamment sous le régime de Nicolae Ceausescu.
"Nous sommes ici pour demander à l'Etat de reconnaître publiquement que plus de 7.000 enfants ont été contaminés par le virus VIH entre 1985 et 1992 à l'intérieur du système de santé", a déclaré le directeur de l'association UNOPA, Iulian Petre, à l'orgine de cette manifestation.
"Cela représenterait une réparation morale pour ces milliers de jeunes pour qui l'enfance n'a été qu'une permanente lutte contre la maladie et la mort", a-t-il ajouté, alors que les manifestants scandaient "Nous ne sommes pas coupables" ou encore "Vous avez volé notre enfance".
Selon des statistiques officielles, 17.258 personnes séropositives avaient été recensées en Roumanie jusqu'à la fin septembre 2007, dont 4.923 sont mortes.
Il s'agit pour l'écrasante majorité de jeunes ayant contracté le virus VIH à la suite de transfusions de sang non testé ou de l'utilisation de seringues non stérilisées, sous le régime communiste, lorsque le sida était considéré comme un mal ne touchant que l'"Occident dépravé".
Maria, une jeune femme au visage pâle venue de Suceava (nord) pour manifester "contre la discrimination", a été contaminée à la suite d'une injection.
"J'avais 3 ans, ma mère m'a emmenée à l'hôpital parce que j'étais malade", raconte-t-elle. "Quelques années plus tard, quand mes parents ont appris que j'avais contracté le sida, ils m'ont placée dans un orphelinat".
Maricica Iepure, une grand-mère de Barlad (est), fustige pour sa part les autorités, qui "cherchent à cacher leur culpabilité".
"Quand dans une famille il y a quatre enfants et qu'un seul est porteur du virus VIH, comment peut-on expliquer la contamination autrement que par une manoeuvre médicale ?", s'insurge-t-elle.
Le président de la commission nationale anti-sida, le docteur Adrian Streinu-Cercel, indique lui qu'"on ne saura jamais comment le sida est arrivé en Roumanie". "Le sujet est clos", a-t-il déclaré au cours d'une conférence de presse.
Selon lui toutefois, "la Roumanie est le seul pays qui assure gratuitement le traitement contre le sida", ce qui a prolongé la durée de vie des malades.
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