
PARIS, 29 nov 2007 (AFP) - Dire "Stop au sida" et s'impliquer dans la lutte contre la pandémie qui continue à tuer plus de 5.700 personnes chaque jour : c'est le mot d'ordre de la Journée mondiale samedi, alors que plus de 6.800 nouvelles contaminations quotidiennes sont enregistrées, selon l'Onusida.
Il n'est pas question de baisser la garde, selon l'agence de l'ONU qui a revu ses chiffres à la baisse à la suite d'un changement dans ses méthodes de calcul.
Dans le monde, quelque 33,2 millions de personnes sont séropositives ou malades du sida, selon le dernier bilan publié en novembre par l'Onusida qui avait, un an plus tôt, estimé leur nombre à plus de 39 millions.
Le sida (syndrome immuno-déficitaire acquis), qui a tué plus de 25 millions de personnes depuis l'apparition de la maladie en 1981, continue de faire des ravages, particulièrement en Afrique subsaharienne où les femmes paient un tribu démesuré à la pandémie.
L'Afrique subsaharienne concentre les deux-tiers des nouvelles contaminations, même si leur nombre a diminué à 1,7 million contre 2,2 millions en 2001. Dans cette région où plus de 22 millions de personnes vivent avec le VIH/sida, près de 61% des adultes infectés sont des femmes.
Au total, 2,5 millions de personnes, dont 420.000 enfants de moins de 15 ans, ont été infectées par le virus du sida (VIH) et 2,1 millions de malades -dont 330.000 moins de 15 ans- sont morts du sida dans le monde en 2007, selon l'Onusida. L'agence de l'ONU a souligné que les nouveaux calculs, révisant les estimations à la baisse, "ne changent rien à la nécessité d'une action immédiate et de financements accrus".
"Stop sida. Tenons nos promesses" : le slogan pour la journée mondiale du sida met plus précisément cette année l'accent sur la nécessité d'un "leadership".
"Depuis le début de l'épidémie, l'expérience démontre clairement que les avancées significatives de la réponse au VIH ont été accomplies sous les auspices d'un leadership fort et engagé", souligne la World Aids Campaign (WAC) dont le comité directeur définit les thèmes de la Journée mondiale de lutte contre le sida.
Faisant état de progrès et de signes d'espoir, l'Onusida a relevé dans son récent rapport que la prévalence de l'infection par le VIH chez les jeunes femmes enceintes a reculé dans 11 des 15 pays du monde les plus touchés. Elle a aussi fait état de "changements favorables" dans les comportements des jeunes de plusieurs pays d'Afrique (Botswana, Cameroun, Tchad, Kenya, Malawi, Togo, Zambie, Zimbabwe), signe d'une efficacité des campagnes de prévention.
La réduction depuis deux ans de la mortalité due au sida est attribuable "partiellement" aux progrès dans l'accès aux traitements antirétroviraux (ARV), souligne aussi l'Onusida.
Dans les pays "à revenu faible ou intermédiaire", le nombre de malades bénéficiant d'une trithérapie a augmenté de 54% entre fin 2005 et fin 2006, passant de 1,3 à 2,015 millions. En Afrique subsaharienne, plus de 1,3 million de malades du sida étaient sous ARV fin 2006, contre seulement 100.000 en 2003.
Malgré ces progrès, seulement 28% des malades nécessitant d'urgence un traitement pour survivre y avaient accès dans les pays pauvres, selon un bilan publié en avril par l'Onusida, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Fonds des nations unies pour l'enfance (Unicef).
D'importants obstacles sont à surmonter, selon les experts, pour atteindre l'objectif mondial d'accès universel, d'ici 2010, à la prévention, au traitement et aux soins: cela impliquerait d'assurer une trithérapie à 9,8 millions de personnes dans les pays en développement d'ici trois ans.
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