
PORT-AU-PRINCE, 29 nov 2007 (AFP) - En Haïti, pays où le VIH/sida a fait beaucoup de ravages dans les années 80, la prévalence de l'épidémie a beaucoup baissé, passant de près de 10% de la population dans les années 90 à environ 3% en 2006, grâce à l'effort conjugué de nombreuses organisations.
Haïti, où plusieurs évènements sont prévus samedi à l'occasion de la Journée mondiale du sida, est le pays le plus pauvre du continent américain. Il compte une population de plus de 9 millions d'habitants dont près de 60% vit avec moins de 1 dollar par jour.
"Les efforts combinés de nombreuses ONG nationales et internationales qui bénéficient d'importants fonds étrangers ont permis de faire des avancées significatives dans la lutte contre la propagation de la maladie", indique le docteur Amadou Mbaye, directeur du bureau ONUSIDA en Haïti.
Plus de 100 millions de dollars dont les deux tiers sont fournis par les Etats-Unis sont dépensés chaque année en Haïti dans l'information, la prévention et le traitement.
"C'est une pluralité de réponses apportées à l'épidémie qui sont coordonnées par les Nations unies pour être plus efficaces", explique le représentant de l'ONU.
Le docteur Mbaye précise que l'action des Nations unies se fait en concertation avec la stratégie du gouvernement haïtien qui vient d'élaborer un plan pour les cinq prochaines années (2008-2012). L'objectif est de réduire la part de la population touchée par le sida à 1% d'ici 2012.
Aujourd'hui, près de 80 centres de traitement du sida fonctionnent en Haïti où il existe 30 centres de dépistage de la maladie, plus fréquente chez les femmes et les jeunes, les deux groupes les plus vulnérables.
Selon des données publiées en 2006, 10.000 personnes sont placées sous traitement antirétroviraux (ARV) dans le pays qui compterait plus de 40.000 malades, en majorité des femmes.
"L'idéal pour nous serait d'avoir plus de centres ARV dans le pays, c'est aussi de mettre plus de gens sous traitement", souligne le ministre haïtien de la Santé publique, le docteur Robert Auguste.
Mais face à une tendance constatée à la féminisation du VIH/sida en Haïti à cause du faible niveau d'éducation, de la pauvreté et de la situation économique difficile des femmes les poussant à avoir plusieurs partenaires, le ministre plaide en faveur d'une action globale.
"Plus le pays est pauvre, plus il est vulnérable. Il faut prendre en compte les problèmes économiques et d'éducation comme les problèmes politiques", fait-il valoir.
Face au succès rencontré dans la lutte contre le sida en Haïti, la communauté internationale envisagerait de tripler son aide qui pourrait passer à 300 millions de dollars par année, selon des sources médicales haïtiennes.
Le professeur français Michel Kazatchkine, directeur exécutif du Fonds mondial de lutte contre le VIH/sida, la tuberculose et la malaria, a effectué récemment une visite en Haïti, déclaré "pays prioritaire" au vu des résultats enregistrés dans la réduction du taux de prévalence du sida. Il avait alors visité des projets de santé en Haïti, notamment un centre de traitement et de prise en charge de sidéens et de tuberculeux.
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